Accident du travail mortel à l’abattoir de Lahontan : la Fipso jugée pour homicide involontaire

L’agent de maintenance de l’abattoir de Lahontan fait partie de « l’hécatombe invisible des accidents du travail », déplore Me Jean-François Blanco. L’avocat défend ce lundi 13 mai, devant le tribunal correctionnel de Pau, les intérêts des trois enfants et de la veuve du salarié de la Fipso.

L’homme de 59 ans…

L’agent de maintenance de l’abattoir de Lahontan fait partie de « l’hécatombe invisible des accidents du travail », déplore Me Jean-François Blanco. L’avocat défend ce lundi 13 mai, devant le tribunal correctionnel de Pau, les intérêts des trois enfants et de la veuve du salarié de la Fipso.

L’homme de 59 ans est mort le 28 novembre 2019 alors qu’il dépannait une machine sur la chaîne de convoyage des cartons. En présence d’un opérateur de producteur, le bras automatisé d’un robot s’est abaissé brusquement, heurtant la nuque de l’agent de maintenance. Ce dernier est décédé le lendemain.

Quatre ans et demi après les faits, deux sociétés ont comparu ce lundi 13 mai : l’entreprise Fipso, à qui est notamment reproché l’homicide involontaire, et la société conceptrice de la machine. Toutes deux sont poursuivies pour ne pas avoir assuré la sécurité de la victime.

Dysfonctionnements

« Il y a une interdiction absolue de pénétrer dans l’enceinte », lorsque l’appareil est en marche, se défend le responsable légal de la société de fabrication. « C’est indiqué partout. À partir de là, que voulez-vous… » Il rejette la faute sur le salarié : « Je ne veux pas porter de jugement, mais c’est de l’imprudence ».

En écho, le responsable légal de la Fipso a expliqué qu’il ne fallait pas remettre la machine en marche alors qu’un agent était à l’intérieur. « C’était le seul endroit où il pouvait regarder comment se positionnait le carton », a estimé l’inspecteur du travail, appelé comme témoin. Et après avoir fait diverses vérifications, l’agent « n’avait d’autre possibilité que de demander à remettre la machine à vitesse réelle ».

Les débats ont aussi tourné sur les dysfonctionnements relevés sur la machine. Les prévenus ont fait valoir qu’ils se sont mis en conformité après un contrôle demandé par la Fipso en 2018. L’Inspection du travail pointe toujours la mauvaise visibilité entre le poste de pilotage et l’intérieur de l’appareil. Elle affirme que les actions de la maintenance, qui n’entrent pas dans une utilisation classique, doivent aussi être prévues par les sociétés.

Le responsable légal a balayé l’idée d’un convoyeur à cartons sujet à de multiples pannes. « C’est en moyenne 5 interventions par mois pour des dysfonctionnements, entre janvier/février 2018 et novembre 2019. Pour 100 000 cartons par mois, ce n’est pas du tout disproportionné. »

« Catastrophe » pour l’entreprise

« Notre peine n’est rien à côté de celle de la famille, a aussi partagé le dirigeant de la Fipso. Mais sa mort a été ressentie comme une catastrophe par l’ensemble des personnes interrogées ». Le quinquagénaire « a été victime de sa conscience professionnelle » pour Me Blanco.

Considérant que les deux entreprises sont responsables du décès du salarié, le Ministère public a requis 50 000 euros d’amende contre la Fipso et 20 000 euros contre la société qui a fabriqué le robot. Le tribunal correctionnel de Pau n’a pas rendu son jugement immédiatement mais a mis sa décision en délibéré au 8 juillet 2024.

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INFO FRANCEINFO. Le gouvernement veut adapter le code du travail au réchauffement climatique

Selon les informations de franceinfo, Gabriel Attal envisage de légiférer rapidement pour obliger les chefs d’entreprise à faire plus lors des épisodes de canicule.

Radio France

Publié le 14/05/2024 07:50 Mis à jour le 14/05/2024 09:00

Temps de lecture : 2 min

Gabriel Attal envisage de légiférer rapidement par décret afin de renforcer l'arsenal réglementaire, photo d'illustration. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

Le gouvernement veut adapter le code du travail au réchauffement climatique, notamment pour mieux protéger les salariés en cas de canicule, a appris, mardi 14 mai, franceinfo auprès de Matignon. Selon les informations de franceinfo, le Premier ministre Gabriel Attal envisage de légiférer rapidement afin de renforcer l’arsenal réglementaire et monter le niveau de sanctions pour obliger les chefs d’entreprise à faire plus lors des épisodes de canicule.

Actuellement, le code du travail ne prévoit pas de disposition spécifique en cas de forte chaleur : juste une obligation pour l’employeur de prendre des mesures de protection. C’est le cas notamment dans le bâtiment, avec une obligation d’adapter les horaires ou en travaillant plus tôt le matin.

Cependant, le gouvernement ne fixera pas une température maximale pour les salariés, contrairement à ce que demande la CGT. Selon les informations de franceinfo, il veut plutôt regarder en fonction des métiers et des secteurs car 30 degrés ressentis derrière un bureau, ce n’est pas pareil que 30 degrés en maniant un marteau-piqueur.

Gabriel Attal veut alors obliger les entreprises à faire des plans d’adaptation à la canicule au cas par cas. Le gouvernement regarde aussi comment renforcer les droits de l’inspection du travail pour que la canicule soit un motif pour arrêter sur le champ l’activité, alors qu’aujourd’hui ce n’est pas le cas. Le gouvernement veut par ailleurs s’attaquer plus largement aux accidents du travail. Actuellement en France, plus de deux personnes meurent au travail chaque jour, un record en Europe, conséquence des chutes ou encore d’accidents sur des machines.

Pour éviter ces drames, l’exécutif va renforcer la prévention, la sensibilisation des travailleurs et notamment des plus jeunes, qui sont souvent les premières victimes. Il veut aussi mobiliser les employeurs, notamment les petites entreprises et les sous-traitants. Pour ça, le gouvernement veut leur rappeler les aides dont ils peuvent bénéficier pour payer des formations de prévention, acheter des équipements pour sécuriser les postes.

Enfin, le gouvernement envisage de créer une journée nationale des accidents du travail, le 28 avril, le même jour que la journée mondiale de commémoration des morts au travail. L’idée est de mieux sensibiliser le grand public. La plupart de ces mesures seront discutées lors d’une COP travail que Gabriel Attal va annoncer mardi, et qui doit réunir syndicats, patronat, experts à la mi-juin après les élections européennes.

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« J’ai la rage, on a sali la mémoire de mon fils » : la famille de Jordan, l’interne retrouvé mort au CHU de Toulouse, sort du silence

l’essentiel Qu’est-il arrivé à Jordan, le soignant de 26 ans retrouvé mort au CHU de Toulouse le 7 mai dernier ? La famille de l’anesthésiste-réanimateur veut comprendre ce qui a conduit au drame et dénonce le traitement médiatique de cette affaire.

Sa famille est dévastée et a voulu sortir du silence. Jordan P. un interne du CHU de Toulouse a été retrouvé mort dans une chambre de garde de l’hôpital Pierre-Paul Riquet le 7 mai dernier. Provoquant une onde de choc dans le milieu hospitalier. L’autopsie de vendredi a écarté la thèse criminelle, mais des rumeurs ont très rapidement couru sur les causes de la mort de l’anesthésiste-réanimateur de 26 ans. Un média évoquant même la drogue du zombie (le Fentanyl) comme cause possible ; « on a sali la mémoire de mon fils » lâche, sidéré, le père de famille originaire de la région grenobloise, « mon fils n’était pas un drogué, quand je lis des mots comme overdose, je ne peux pas accepter cela ».

Mon fils n’était pas un drogué

« Joyeux » à quelques heures du drame

Ils ont loué une chambre pour faire leurs adieux à ce fils tant aimé. Depuis la terrible nouvelle, Armenio est à Toulouse avec son épouse et ses deux autres enfants : « On essaie de comprendre ce qu’il s’est passé, retracer ses journées. »

L’anesthésiste-réanimateur a mangé avec une collègue le lundi soir avant la tragédie et « elle nous a rapporté qu’il était joyeux, taquin, comme d’habitude ». Vers 3 h 30 du matin mardi « il discutait encore avec ses colocataires et avait l’air heureux » raconte Sandrine la mère, le regard perdu. Le papa en est sûr : « Mon fils ne s’est pas suicidé, il aimait trop la vie. » Le jeune homme prévoyait même de partir en festival dans le Gard et d’aller fêter ses 27 ans dans la foulée, sur la côte landaise le 15 mai.

Les obsèques de Jordan sont prévues jeudi près de Grenoble.
Les obsèques de Jordan sont prévues jeudi près de Grenoble. DDM

La question des cadences : « il était épuisé »

Tous souhaitent que l’enquête aille à son terme, mais posent déjà la question des cadences infernales des internes en médecine : « C’était un passionné mais Jordan était épuisé, il faisait régulièrement 60 heures en une semaine, j’ai d’ailleurs demandé à avoir accès à son emploi du temps ».

Peut-il avoir eu recours à des produits psychotropes pour tenir le choc ? Le père de famille n’exclut rien même s’il a mal vécu l’insistance des enquêteurs sur la présumée toxicomanie de Jordan. « J’ai le sentiment qu’ils font tout pour ne pas faire passer ce drame en accident du travail » souligne-t-il.

A lire aussi : Mystérieux décès d’un interne en médecine de 26 ans au CHU de Toulouse

La famille se sent abandonnée

Après la mort de Jordan, Armenio n’a pas été reçu par le directeur du CHU de Toulouse, ni n’a été contacté par Frédéric Valletoux, le ministre délégué à la santé qui a présenté ses condoléances sur le réseau social X : « Nous nous sentons abandonnés » regrette le Grenoblois. Reste les mots, au travers desquels on comprend que l’interne faisait la fierté de ses proches : « ce frère qui avait réussi », « ce fils qui n’a jamais posé de problème » insistent ceux qui se décrivent comme des « petites gens » ; « ni mon père ni ma mère n’ont fait de grandes études » rappelle Kévin, le frère de Jordan.

Pour les avocats Mes Emmanuelle Franck et Alexandre Martin qui défendent leurs intérêts, « il est trop tôt pour se prononcer sur quelque responsabilité que ce soit, pour le moment on va les accompagner dans ces démarches extrêmement compliquées. » Les obsèques de Jordan sont prévues jeudi après-midi, en l’église de Vaulnaveys-le-Haut près de Grenoble.

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Tous les salariés vont gagner plus de congés grâce à cette nouveauté du Code du travail

Une nouvelle loi inscrite dans le Code du travail permet d’acquérir plus de congés dans un cas bien précis. Elle est rétroactive mais sous certaines conditions…

Il y a quelques mois, la Cour de cassation a rendu plusieurs arrêts pour aligner le droit français sur le droit européen, notamment en ce qui concerne le cumul des congés payés durant les arrêts maladie. En effet, jusqu’à présent, le Code du travail français ne permettait pas aux salariés d’acquérir des congés payés pendant un arrêt de travail pour maladie ou accident d’origine non professionnelle. Mais en septembre 2023, la Cour de cassation a écarté ces dispositions jugées contraires au droit de européen, ouvrant ainsi la voie à l’acquisition de congés payés pour tout type d’arrêt maladie.

Suite à ces décisions, de nombreuses questions restaient en suspens, suscitant des inquiétudes chez les employeurs. Sans indication claire sur une éventuelle rétroactivité, ils craignaient notamment de voir exploser le nombre de jours dus à leurs salariés. Un flou juridique qui nécessitait des précisions de la part du législateur. C’est désormais chose faite avec la loi du 22 avril 2024 inscrite dans le code du Travail et entrée en vigueur le 24 avril dernier. 

Cette loi inscrit dans le Code du travail le principe selon lequel tout arrêt maladie, quelle qu’en soit l’origine (professionnelle ou non), ouvre droit à congés payés. Les périodes de suspension du contrat pour accident ou maladie sont donc assimilées à du temps de travail effectif pour déterminer les droits à congés des salariés. Cela vaut également pour les travailleurs temporaires en mission d’intérim.

La loi fixe cependant une limite pour les arrêts liés à un accident ou une maladie non professionnels : dans ce cas, le salarié acquiert 2 jours ouvrables de congés par mois (au lieu de 2,5 jours en temps normal), dans la limite de 24 jours par an ou par période de référence pour être plus précis (fixée du 1er juin au 31 mai dans la plupart des entreprises). L’objectif est de garantir l’acquisition du congé principal de 4 semaines prévu par le droit européen, sans aller au-delà. En revanche, en cas d’arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle, le salarié continue d’acquérir 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours par période de référence.

Par ailleurs, la loi impose aussi à l’employeur d’informer le salarié, dans le mois suivant la reprise du travail, du nombre de jours de congés dont il dispose et de la date limite à laquelle il peut les prendre (cela peut se faire simplement par le biais de la fiche de paie). Elle fixe aussi une période de report pour les congés non pris à cause de l’arrêt : le salarié dispose de 15 mois à compter de la réception des informations de l’employeur pour solder ses congés. Ce délai peut toutefois être prolongé par accord collectif.

Enfin, le législateur a tenu à limiter la rétroactivité de cette loi et à l’expliciter. Il est impossible de demander des congés cumulés pendant un arrêt maladie pour des périodes datant d’avant le 1er décembre 2009. De plus, les congés supplémentaires dus aux salariés seront limités à 24 jours par an, après déduction des jours déjà acquis. Pour le délai auquel une réclamation peut être faite, avant la loi du 22 avril 2024, il est de deux ans si le salarié est encore lié à son employeur au moment de la demande et de trois ans si ça n’est pas le cas. 

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Accident de travail à l’abattoir de Lahontan : l’entreprise béarnaise Fipso jugée pour homicide involontaire

L’entreprise Fipso a été jugée ce lundi après-midi pour homicide involontaire après un accident de travail survenu à l’abattoir de Lahontan, le 28 novembre 2019. Un employé d’une cinquantaine d’années est décédé après avoir été blessé gravement, le bras d’un robot était tombé sur sa nuque. L’enquête avait permis d’établir qu’il y avait régulièrement des pannes sur cette machine et des non-conformités avaient été observées. Le directeur de l’usine et le fabricant du robot se sont expliqués sur leurs responsabilités dans un dossier douloureux et sensible.

Un manque de formation pour intervenir sur cet appareil

Les deux prévenus ont expliqué qu’ils n’étaient pas responsables de la mort de Dominique décédé à 59 ans, employé chez Fipso depuis 2016. « Tout aurait été conforme, malheureusement l’accident aurait eu lieu » a déclaré le représentant de l’entreprise Fipso.

« Mais pourquoi la production n’a-t-elle pas été arrêtée ce jour-là vus les problèmes sur cette machine ? » ont interrogé les juges. « Parce que c’étaient des dysfonctionnements mineurs qui n’interféraient pas sur la production » a répondu le patron de l’entreprise béarnaise qui a reconnu que sur ce robot, cinq dysfonctionnements étaient relevés tous les mois (sur toute l’année 2018).

Accidents de travail : 738 décès en 2022

Des soucis signalés par la victime qui était précisément en train d’intervenir pour trouver une solution lorsque l’accident s’est produit. « Je ne veux pas porter de jugement mais c’est de l’imprudence » a réagi le fabricant de l’appareil. Ce dernier a martelé : « Un robot c’est violent, il y avait interdiction absolue de pénétrer dans la zone, c’est écrit sur la notice. » Après l’accident, la machine a été équipée d’un avertisseur sonore.

« Dominique a été victime de sa conscience professionnelle et personne ne devrait mourir au travail » a rappelé Me Jean-François Blanco. L’avocat des proches de la victime a aussi mentionné les chiffres d’une « hécatombe invisible« . 738 personnes sont mortes dans des accidents de travail en 2022, c’est en moyenne deux morts par jours.

Le parquet de Pau a rappelé les antécédents judiciaires de l’entreprise Fipso et a requis une amende de 50.000 euros ainsi que l’affichage de la décision du tribunal dans la société pendant deux mois et la publication de la décision dans des journaux locaux. Une amende de 20.000 euros a été requise pour le fabricant du robot dont le bras est tombé sur la victime. Le tribunal rendra sa décision le 8 juillet prochain.

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Procès de l’accident du TGV Est: le procureur dénonce un « aveuglement collectif »

Des peines de prison avec sursis et de lourdes amendes ont été requises lundi au procès de l’accident du TGV Est qui a entraîné la mort de 11 personnes et fait 42 blessés en Alsace le 14 novembre 2015.

Le procureur de la République a dénoncé un « aveuglement collectif » dans les essais en survitesse et mis en avant « la responsabilité partagée » de cinq des six prévenus jugés devant le tribunal correctionnel de Paris pour homicides et blessures involontaires par maladresse, imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité.

Le procureur a requis un an de prison avec sursis à l’encontre du conducteur de la rame Denis T. et deux ans de prison avec sursis contre Francis L., le cadre chargé de lui donner les consignes de freinage et d’accélération.

Le magistrat a en revanche écarté toute « responsabilité pénale » à l’encontre de Philippe B., le technicien de Systra – la société maître d’oeuvre des essais – chargé de renseigner le conducteur sur les particularités de la voie.

C’est contre les trois personnes morales (SNCF, SNCF-Réseau et Systra) que Nicolas Hennebelle s’est montré le plus sévère.

« Systra a la responsabilité la plus importante » dans l’accident, a affirmé le procureur en réclamant une amende de 225.000 euros, soit le maximum légal, à son encontre.

« Je regrette que le maximum légal ne soit pas à la hauteur » de « la douleur indicible » des victimes, a ajouté le procureur.

Systra a « manqué à sa mission d’évaluation et de mise en œuvre de la sécurité », a dit le procureur.

Il a requis une peine de 200.000 euros, multipliée par deux « en raison de l’état de récidive légale », soit 400.000 euros, contre la SNCF et une amende de 150.000 euros, multipliée par deux en raison également de l’état de récidive légale, soit 300.000 euros, contre SNCF-Réseau.

« Tout semble avoir été fait pour mettre en danger la conduite de la rame », a affirmé le magistrat dans ses réquisitions.

Procès de l'accident du TGV Est: le procureur dénonce un "aveuglement collectif"

Il a relevé des « fautes », des « manquements dans la formation » ou encore des « problèmes d’organisation et de coordination des essais » de la part des trois sociétés mises en cause. Il a fustigé « des décisions absurdes », un « défaut de rationalité » et « une confiance excessive des uns envers les autres ».

L’enquête a établi que ni le matériel ni la voie ne pouvaient être mis en cause pour expliquer le déraillement du TGV, qui transportait 53 personnes, dont 35 « invités ».

La vitesse excessive et un freinage tardif sont à l’origine d’un accident que tous les protagonistes jugeaient « impensable », a rappelé le procureur.

« Erreur grossière »

Le TGV, qui effectuait des tests sur l’ultime portion de la ligne à grande vitesse entre Paris et Strasbourg avant son ouverture au public, a abordé une courbe à 265 km/h, très largement au-dessus des 176 km/h prévus à cet endroit.

Procès de l'accident du TGV Est: le procureur dénonce un "aveuglement collectif"

Il a déraillé 200 mètres plus loin, heurtant le parapet du pont au-dessus du canal de la Marne au Rhin à la hauteur d’Eckwersheim (Bas-Rhin), à 20 km de Strasbourg, à une vitesse estimée de 243 km/h.

Selon Nicolas Hennebelle, le conducteur a « commis une erreur grossière » en proposant « de freiner à un moment où c’était impossible ».

Le magistrat a également souligné « l’imprudence » du cadre qui l’accompagnait pour avoir déterminé « une stratégie de freinage sans aucune marge de sécurité ».

Tout au long des deux mois d’audience, les prévenus se sont renvoyés la responsabilité de l’accident, sans reconnaître la moindre faute.

Le représentant de Systra a affirmé que sa société avait « rempli l’ensemble de ses obligations ». Seul celui de la SNCF a fini par concéder un « on a été mauvais ».

La parole sera donnée à la défense mardi et jeudi (il n’y a pas d’audience le mercredi).

Mardi ce sont les avocats des trois personnes physiques qui plaideront. Jeudi, ce sera au tour des avocats des trois sociétés mises en cause.

Tous les avocats de la défense ont prévu de plaider la relaxe de leur client.

La décision du tribunal doit être rendue dans les prochains mois.

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Arrêts de travail autodéclarés : une piste pour faire gagner du temps aux médecins

Pourquoi faudrait-il systématiquement passer chez le médecin pour obtenir un arrêt de travail quand on sait qu’on sera rapidement remis sur pied ? Dans un rapport publié lundi, la Cour des comptes suggère aux politiques d’« explorer » l’idée de supprimer les certificats médicaux pour les arrêts de travail de « très courte durée ».

En pratique, les patients pourraient autodéclarer leur arrêt de travail. Cette procédure permettrait aux médecins de ne pas perdre de temps et de se concentrer sur les patients qui ont le plus besoin de soins alors que les Français peinent souvent à décrocher rapidement une consultation médicale et que, selon la Cour, les politiques mises en place ces dernières années pour améliorer l’accès aux soins peinent à porter leurs fruits.

L’exemple du Royaume-Uni

Cette évolution a déjà été proposée par un syndicat de jeunes médecins et remplaçants, REAGJIR. Notant que les consultations « dédiées à attester l’évident, sans plus-value médicale ni soins prodigués », sont « nombreuses », celui-ci estimait l’été dernier que la suppression les certificats obligatoires pour les arrêts courts devrait « permettre de libérer des milliers de consultations qui pourraient être redirigées vers un véritable rôle de soin ».

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Pour limiter la propagation du Covid, l’Assurance Maladie avait mis en place des arrêts de travail auto-déclaratifs et indemnisés dès le premier jour entre 2021 et 2023. Tirant à la hausse le nombre d’arrêts. Le fait qu’en dehors d’un contexte de crise, un tel système retienne l’attention de la Cour des comptes pourrait toutefois faire grincer des dents les entreprises

Jours de carences

« Il va de soi qu’un tel positif ne peut être mis en place sans un système de régulation », s’est toutefois empressé d’ajouter le premier président de la Cour. A ce stade, celle-ci se garde de formuler une véritable « recommandation » sur le sujet, qui nécessite un « travail complémentaire important ». Pour éviter que l’auto-déclaration des arrêts de travail ne s’accompagne d’une envolée de ces arrêts et de leur coût, la Cour évoque entre des mécanismes de régulation «dans les entreprises ou leurs branches, voire au niveau national». Avec par exemple, la mise en place d’un délai de carence « d’ordre public » d’un ou deux jours.

un jour de carence d’ordre public https://www.lesechos.fr/economie-france/social/le-patronat-veut-reduire-lindemnisation-des-arrets-de-travail-1954105 accidentdutravail-idf.net vous a préparé ce post qui informe du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». La chronique se veut générée du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées indiquées sur le site dans le but d’apporter des explications sur ce post qui parle du thème « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». Le site accidentdutravail-idf.net a pour but de fournir diverses publications sur la thématique Association Sportive Huisson-Longueville Essonne diffusées sur le net. Il y aura plusieurs articles autour du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne » dans quelques jours, nous vous invitons à naviguer sur notre site web à plusieurs reprises.

Haute-Loire : il finit amputé à plusieurs doigts après un accident du travail

Deux sociétés spécialisées dans la transformation du bois et la maintenance industrielle, étaient mises en cause dans un accident du travail survenu dans l’est de la Haute-Loire au mois d’août 2022.

La victime, un jeune homme en CDI, intervenait dans le cadre d’un contrat de maintenance. Il était accompagné par deux salariés de la scierie. La réparation concernait le palier d’une machine de type classeur/empileur, qui permet de conditionner des pièces de bois.

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TOUT SAVOIR SUR – Accidents du travail : quelles solutions pour combattre ce fléau

En 2022, 744 000 accidents ont été recensés par l’Assurance Maladie, dont 560 000 ont provoqué un arrêt de travail ou une incapacité professionnelle. Concrètement, cela représente près de 50 millions de jours non travaillés en un an. Les secteurs les plus accidentogènes sont ceux du nettoyage, de l’alimentation, du transport et du BTP. Les activités du bâtiment et de la construction représentent à elles seules la moitié des morts au travail.

« Depuis une dizaine d’années, les chiffres ne s’améliorent pas. Donc ça, c’est quelque chose d’inquiétant, malgré toutes les règles de prévention », déplore Nicolas Leconte, directeur marketing et commercial de Fastpoint, une entreprise qui élabore des solutions techniques pour prévenir les accidents.

Les accidents du travail représentent également un coût. L’Assurance Maladie a dû débourser huit milliards et demi d’euros en 2022 pour le versement de diverses indemnités. Pour les entreprises, c’est très variable, mais il y a de nombreux facteurs à prendre en compte comme le ralentissement de la production, les éventuelles réparations ou encore le remplacement de la victime.

Comment diminuer le nombre d’accidents ?

Pour faire baisser le nombre d’accidents, le patron a forcément une responsabilité mais les ouvriers doivent être également conscients des risques qu’ils encourent. « Il faut prendre le temps de discuter, de parler du travail, des conditions de travail, des risques du travail. Il faut de la formation professionnelle. Il faut aussi de la formation syndicale pour les élus et les mandatés, les élus du personnel », estime Benoît Martin, membre de la direction confédérale de la CGT. 

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La prévention des accidents passe aussi désormais par l’utilisation des nouvelles technologies. L’entreprise Fastpoint a ainsi créé un outil qui intègre l’intelligence artificielle et notamment la computer vision. « Avec les différentes technologies de nouvelle génération, on a effectivement essayé d’imaginer l’avenir de la prévention en développant une sorte d’assistant digital qui va effectivement observer, essayer de prévenir les accidents au travail« , explique Nicolas Leconte.

« On a un outil qui permet de sortir des indicateurs clés et qui permettent aux référents sécurité d’avoir noir sur blanc un comptage précis de toutes les expositions au risque. Ce qui permet, encore une fois, de sensibiliser, de former et c’est vital », ajoute-t-il. 

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« On est dévasté et anéanti »: émotion après la mort du proviseur du lycée de Six-Fours dans un accident de moto

« Ce dimanche soir, la station SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) de Bandol vient d’être frappée d’une tragédie épouvantable ». L’annonce du décès de Jean Philippe Toujas, dans un accident de la circulation dimanche soir sur la RD559 entre Sanary et de Bandol (1), a été faite par ses camarades sauveteurs en mer bandolais, sous le choc de cette mort brutale. Sous le choc également, le lycée de La Coudoulière à Six-Fours, dont le défunt âgé de 55 ans, était le proviseur.

« Dès ce lundi matin, relate un enseignant, l’information de sa disparition a été donnée très tôt aux élèves. Les membres du rectorat sont aussi venus sur place dès le début de la journée, et une cellule d’écoute pour les élèves et le personnel a aussitôt été mise en place ».

Originaire de Narbonne, Jean-Philippe Toujas avait débuté comme responsable de l’informatique au lycée international Victor-Hugo à Colomiers, près de Toulouse. A moins de 35 ans, il avait passé le concours de chef d’établissement avant de diriger le collège Léon-Blum à Colomiers. Il a par la suite exercé dans les quartiers nord de Marseille, puis il a rejoint Six-Fours où il résidait (il disposait d’un logement de fonction au lycée).

Ceux qui l’ont bien connu le décrivent comme quelqu’un de « très apprécié », « d’hyperactif », mais aussi un « homme de passions » : pour les belles mécaniques (autos et motos), le rugby (du fait de ses origines dans le Sud-Ouest), et la mer. Plaisancier aguerri, il venait de remettre en état une vedette de 12mètres amarrée dans le port de Bandol.

« Je veux aider à sauver des vies »

Grâce à un partenariat engagé entre le lycée de La Coudoulière et le PNF (Pôle national de formation) de la SNSM, Jean-Philippe Toujas avait fait la connaissance de l’équipe de la station de Bandol en 2018. «  Grâce à cette collaboration, il formait des bénévoles de toute la France sur la motorisation des vedettes », relate Jean-Luc Cercio, président de la station SNSM de Bandol. « Il avait aussi engagé son lycée auprès de la station en organisant des travaux pratiques délocalisés pour les élèves de la section BAC Pro Maintenance nautique. Ces derniers venaient aider pour l’entretien annuel de la vedette SNS 164 et du semi-rigide SNS 665 ».

« Jean-Phi », comme l’appelaient ses camarades, avait d’ailleurs lui-même rejoint la station SNSM en décembre 2018. « Il m’avait expliqué que le déclic lui était venu en 2015, quand il avait sauvé de la noyade une petite fille emportée par le courant sur une plage des Landes, poursuit Jean-Luc Cercio. Nous, on l’a emmené faire un hélitreuillage et il a nous dit: je veux faire ça aussi et je veux vous aider ».

Un « pilier » de la station SNSM de Bandol

Par la suite, Jean-Philippe Toujas est vite devenu l’un des « piliers » de la station: engagé comme équipier, il s’est formé au PSE1 (premiers secours en équipe) puis au PSE2. Puis il est devenu nageur de bord, sauveteur et plongeur de bord, formateur, puis patron sur semi-rigides. Il a réalisé environ 250 sorties à la mer et a été récompensé pour de belles interventions, recevant une lettre de félicitations, un diplôme d’honneur et une médaille de bronze en 2022 pour son courage et son dévouement.

« Nous étions encore avec lui quelques heures avant sa disparition… On est dévasté et anéanti par son décès, confie Jean-Luc Cercio. Après sa crémation, on organisera une cérémonie lors de laquelle ses cendres seront répandues en mer ».

Depuis l’annonce de la mort de Jean-Philippe Toujas, les hommages affluent. Var-matin se joint à l’évocation de son souvenir et aux condoléances adressées à sa compagne Valérie, et à son fils Pierre âgé d’une trentaine d’années.

1. Une enquête de police est en cours pour déterminer les circonstances de ce drame dans lequel un automobiliste a été également blessé.

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