
Matis avait 19 ans. Le 15 juillet, ce jeune ouvrier a perdu la vie sur un chantier en Vendée, enseveli sous du goudron chaud à 200 degrés. Le jeune homme vient allonger la sinistre liste des personnes décédées sur leur lieu de travail. Depuis le début de l’année 2025, plus de 150 personnes sont mortes à la suite d’un accident de travail, selon le décompte quotidien que réalise Matthieu Lépine , sur la base d’articles de presse. Parmi les victimes, certaines sont mineures (lire par ailleurs). À l’instar d’Axel, ce lycéen de 16 ans, en stage de seconde, qui a trouvé la mort le 18 juin après la chute d’une palette dans un magasin de décoration à Saint-Lô (Manche)…
« Il faut mettre fin à cette idée que la mort au travail est une fatalité et arrêter de traiter ces sujets comme de simples faits divers », explique Matthieu Lépine, auteur de l’ouvrage L’Hécatombe invisible (Éditions du Seuil). « Chaque jour, on compte deux à trois morts au travail et plus d’un million de déclarations d’accident du travail chaque année, sans compter qu’un accident sur deux n’est pas déclaré », poursuit le professeur d’histoire-géographie.
810 morts en 2023
En 2023, 810 personnes sont mortes dans un accident du travail. En 2022, notre pays comptait 4,38 décès liés aux accidents de travail pour 100 000 employés, bien plus que l’Espagne (2,8), l’Italie (2,5) et l’Allemagne (0,95), selon Eurostat. « Nous ne sommes pas plus mauvais en France qu’ailleurs, rectifie Eric Chevée, vice-président en charge des affaires sociales à la CPME. C’est simplement que l’on essaye de recenser tous les décès, ce que sont loin de faire nos voisins européens. »
Les secteurs des transports et du BTP sont les plus touchés. Les trajets domicile-travail sont également propices aux accidents mortels. « On a souvent tendance à dire que ce sont les risques du métier. En réalité, non ! Dans 99 % des cas, la faute individuelle est due à un problème plus large d’organisation de l’entreprise », reprend Matthieu Lépine.
Manque de formation, absence de dispositifs de sécurité, négligences, mauvaises habitudes, course à la productivité pour plus de rentabilité, pression accrue, polyvalence à outrance… Matthieu Lépine cite aussi l’exemple de « cette entreprise où l’on a désactivé le dispositif de sécurité d’une machine pour être plus productifs. Tout le monde le sait, mais on continue à travailler dessus car ça arrange chacun, jusqu’au jour où il y a un accident ».
«On ne parviendra jamais à zéro mort»
En 2022, un plan pour la prévention des accidents du travail graves et mortels (PATGM) a été mis en place. « Dans le cadre de ce plan, un million d’élèves et apprentis en CFA et lycées professionnels ont été formés et sensibilisés à la santé et à la sécurité au travail, mais il faut aller encore plus loin », indiquait Pierre Ramain, directeur général du travail, en mars 2025 , rappelant aussi, selon lui, l’importance des campagnes de sensibilisation.
« Mourir au travail ne devrait pas arriver, malheureusement on ne parviendra jamais à zéro mort. Que ce soit à la maison, en entreprise, en voiture, la mort fait partie de la vie », philosophe Eric Chevée. Qui va même plus loin : « 93 % des salariés du secteur privé sont davantage en sécurité au travail que chez eux. En d’autres termes, seule 7 % de la population salariée présente un risque important au travail et fait l’objet d’un suivi annuel par la médecine du travail. »
Pour le représentant de la CPME, il est essentielle d’investir dans la prévention : « 1 euro d’investi dans la prévention, c’est 4 euros d’évités sur la réparation », compare-t-il. En 2023, 716 000 actions de prévention ont été réalisées par les 180 services de prévention et de santé au travail.
La transformation des CHSCT mise en cause
La prévention est essentielle, mais ne fait pas tout. Me Charles Culioli, avocat spécialisé en droit du travail, considère, de son côté, que le recours à la sous-traitance « plus important en France que dans d’autres pays d’Europe » explique en partie le nombre élevé d’accidents mortels du travail. « L’envie d’augmenter les marges est supérieure à la sécurité », regrette-t-il.
Pour l’avocat, la transformation en 2020 des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), organe représentatif du personnel chargé de veiller à ce que les conditions de santé et de sécurité soient respectées et appliquées, a aussi eu « un impact direct » sur le nombre de décès au travail. Avec le collectif familles stop à la mort au travail, Me Culioli travaille à l’élaboration d’une proposition de loi, visant à renforcer les sanctions à l’égard des entreprises défaillantes (lire par ailleurs).
Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du Travail et de l’Emploi, et Gérald Darmanin, ministre de la Justice, viennent de signer une instruction renforçant la politique pénale du travail en matière de répression des manquements aux obligations de santé et de sécurité.
Un manque d’inspecteurs
Le gouvernement entend renforcer le pouvoir des inspecteurs du travail. Aujourd’hui, la France compte un peu moins de 2 000 postes d’agents de contrôle, soit en moyenne un poste d’inspecteur du travail pour 11 000 salariés. C’est insuffisant pour la CGT, qui estime que plus de quatre millions de salariés sont privés de service public de l’inspection du travail. « Depuis trois ans, il y a eu un effort de recrutement très important, avec un objectif de près de 200 nouveaux inspecteurs par an, qui a permis de redresser la situation », a déclaré Astrid Panosyan-Bouvet dans une récente interview au Monde.
Pour Christelle Glemet, secrétaire nationale de la CGT travail, emploi, formation professionnelle (TEFP), syndicat majoritaire chez les inspecteurs du travail, ces 200 postes « comblent à peine les départs en retraite ».
Et cette promesse gouvernementale ne devrait pas durer : « En 2026, seulement 45 postes sont ouverts au concours. On repart sur un rythme de croisière de moins de 50 postes par an », déplore la représentante de la CGT. Sans compter les récentes annonces de François Bayrou de ne pas remplacer le départ à la retraite d’un fonctionnaire sur trois qui ne présagent rien de bon…
En juillet, de nombreux drames recensés
Le 2 juillet, une employée du groupe Maillard Industrie est décédée des suites d’un accident du travail sur la commune d’Autechaux (Doubs). La victime, âgée de 33 ans, travaillait sur un robot de fraisage quand ses cheveux avaient été happés par l’engin, au cours d’une manipulation.
Le 4 juillet, un stagiaire de 16 ans est mort dans une exploitation agricole à Vivy (Maine-et-Loire). Il aurait été mortellement percuté par le godet d’un engin agricole.
Le 9 juillet, un ouvrier de 35 ans a été retrouvé mort sur un chantier à Faramans (Isère). Il aurait chuté sur un seau contenant des morceaux de verre venant lui perforer la cuisse.
Le 11 juillet, un ouvrier d’une société locale de couverture est décédé à la suite d’une chute de plusieurs mètres sur la plateforme ExxonMobil, à Port-Jérôme (Seine-Maritime).
Le 15 juillet, un jeune homme de 19 ans a été enseveli par un enrobé chauffé à 200 °C à Sainte-Flaive-des-Loups (Vendée). Il est décédé des suites de ses blessures.
Le 16 juillet, un salarié de 25 ans de l’entreprise Knauf Fibre a été écrasé par une presse industrielle de plusieurs tonnes à La Côte, près de Lure (Haute-Saône). Son pronostic vital est engagé. Il y a deux mois un salarié de 51 ans était mort dans des conditions quasiment similaires dans la même usine.
Le 16 juillet, un homme de 58 ans est mort happé par une vis sans fin dans une scierie à Eymoutiers (Haute-Vienne).
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