Elle reçoit un mail de son supérieur et fond en larmes, la justice reconnaît un accident du travail

Elle reçoit un mail de son supérieur et fond en larmes, la justice reconnaît un accident du travail Un mail reçu en télétravail peut-il mener à un accident du travail ? La justice a déjà tranché.

La lecture d’un mail peut-il bouleverser une vie professionnelle au point de constituer un accident du travail ? La question peut sembler surprenante mais les tribunaux sont bien amenés à trancher des cas où un message électronique est au coeur de l’affaire. Notre histoire s’est terminée devant la justice en décembre 2025, mais commence trois ans plus tôt, en septembre 2022.

Le 23 septembre, une responsable administration du personnel adresse un mail à son employeur pour dénoncer ce qu’elle perçoit comme une inégalité de traitement et exposer les difficultés relationnelles rencontrées avec sa supérieure. Elle sollicite alors des mesures pour remédier à la situation. La cour d’appel de Nîmes notera ensuite qu’aucune réponse ne lui est apportée dans l’immédiat.

Le 30 septembre, soit une semaine plus tard, alors qu’elle est en télétravail à son domicile, elle reçoit finalement une réponse de sa supérieure hiérarchique. Sa manager évoque « plusieurs sources de mécontentements » sur son travail et ses « frustrations ». La suite du message est le suivant : « je te confirme que cela est très visible au quotidien. Tu es en permanence taciturne ou agressive. […] [L] et [X] ont effectivement eu des augmentations supérieures à la tienne car je suis plus satisfaite de leur travail que du tien. [O] et moi avons conscience que ta dépression est certainement pour partie responsable de ces dérapages ». Le message se termine par une proposition de rendez-vous pour évoquer une rupture conventionnelle.

La salariée contacte alors immédiatement un collègue, mais est incapable d’aligner une phrase sans pleurer. Le directeur du site, alerté, constate lui aussi son état de détresse par téléphone. Ils seront ensuite appelés à témoigner.

Trois jours plus tard, son médecin diagnostique un « choc émotionnel ». Mais lorsque l’employée demande la reconnaissance d’un accident du travail, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) refuse. L’organisme estime que « la réception et la lecture d’un mail ne comportant aucun propos menaçant, déplacé et/ou agressif annonçant une rupture conventionnelle et/ou un éventuel licenciement, ne peuvent pas être considérées comme un fait accidentel ».

La salariée conteste cette décision. La cour d’appel de Nîmes lui donne raison le 18 décembre 2025 et reconnaît l’accident du travail. Pour Maître Fabien Duffit-Dalloz, avocat au barreau de Lyon spécialisé en contentieux du droit du travail et de la sécurité sociale, cette décision s’inscrit dans une tendance de fond : « Ce sont des affaires qu’on voit de plus en plus ».

L’avocat, que nous avons contacté, rappelle que les juges doivent simplement vérifier deux éléments : « Y a-t-il un fait accidentel soudain dont la matérialité n’est pas contestée – un mail, un entretien RH, un appel téléphonique par exemple – et une lésion constatée dans un temps rapproché par un médecin ? » Nul besoin alors de caractériser des propos injurieux ou menaçants.

Maître Duffit-Dalloz cite notamment un arrêt de la Cour de cassation du 4 mai 2017 : « Il a suffi qu’il y ait un fait accidentel soudain – un entretien à l’initiative de la DRH – et une lésion constatée dans un temps proche par un médecin. Nous ne sommes pas dans le cas d’une injure et il n’y a pas à caractériser l’emploi d’un terme particulier. Dans cet arrêt, qui a été confirmé depuis par d’autres arrêts similaires, la Cour de cassation a simplement relevé que l’existence de l’entretien RH n’était pas contestée et que la salariée avait bien été victime d’un malaise survenu aux temps et lieu de travail ».

Dans notre affaire du jour, la CPAM arguait également que la salariée se trouvait seule chez elle au moment des faits. Un argument balayé par la cour. Sur ce point, l’avocat lyonnais nous précise : « Pour les accidents de travail en télétravail, il n’est pas forcément exigé l’existence d’un témoin direct des faits. Des affaires précédentes ont montré que des témoignages de personnes ayant eu la victime au téléphone dans la foulée de l’accident pouvaient suffire. Les juges tiennent compte des difficultés liées à la preuve lorsqu’un salarié est en télétravail ».

accidentdutravail-idf.net vous a préparé ce post qui informe du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». La chronique se veut générée du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées indiquées sur le site dans le but d’apporter des explications sur ce post qui parle du thème « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». Le site accidentdutravail-idf.net a pour but de fournir diverses publications sur la thématique Association Sportive Huisson-Longueville Essonne diffusées sur le net. Il y aura plusieurs articles autour du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne » dans quelques jours, nous vous invitons à naviguer sur notre site web à plusieurs reprises.

We use cookies to personalise content and ads, to provide social media features and to analyse our traffic. We also share information about your use of our site with our social media, advertising and analytics partners. View more
Cookies settings
Accept
Privacy & Cookie policy
Privacy & Cookies policy
Cookie name Active

Who we are

Suggested text: Our website address is: https://www.accidentdutravail-idf.net/blog.

Comments

Suggested text: When visitors leave comments on the site we collect the data shown in the comments form, and also the visitor’s IP address and browser user agent string to help spam detection.

An anonymized string created from your email address (also called a hash) may be provided to the Gravatar service to see if you are using it. The Gravatar service privacy policy is available here: https://automattic.com/privacy/. After approval of your comment, your profile picture is visible to the public in the context of your comment.

Media

Suggested text: If you upload images to the website, you should avoid uploading images with embedded location data (EXIF GPS) included. Visitors to the website can download and extract any location data from images on the website.

Cookies

Suggested text: If you leave a comment on our site you may opt-in to saving your name, email address and website in cookies. These are for your convenience so that you do not have to fill in your details again when you leave another comment. These cookies will last for one year.

If you visit our login page, we will set a temporary cookie to determine if your browser accepts cookies. This cookie contains no personal data and is discarded when you close your browser.

When you log in, we will also set up several cookies to save your login information and your screen display choices. Login cookies last for two days, and screen options cookies last for a year. If you select "Remember Me", your login will persist for two weeks. If you log out of your account, the login cookies will be removed.

If you edit or publish an article, an additional cookie will be saved in your browser. This cookie includes no personal data and simply indicates the post ID of the article you just edited. It expires after 1 day.

Embedded content from other websites

Suggested text: Articles on this site may include embedded content (e.g. videos, images, articles, etc.). Embedded content from other websites behaves in the exact same way as if the visitor has visited the other website.

These websites may collect data about you, use cookies, embed additional third-party tracking, and monitor your interaction with that embedded content, including tracking your interaction with the embedded content if you have an account and are logged in to that website.

Who we share your data with

Suggested text: If you request a password reset, your IP address will be included in the reset email.

How long we retain your data

Suggested text: If you leave a comment, the comment and its metadata are retained indefinitely. This is so we can recognize and approve any follow-up comments automatically instead of holding them in a moderation queue.

For users that register on our website (if any), we also store the personal information they provide in their user profile. All users can see, edit, or delete their personal information at any time (except they cannot change their username). Website administrators can also see and edit that information.

What rights you have over your data

Suggested text: If you have an account on this site, or have left comments, you can request to receive an exported file of the personal data we hold about you, including any data you have provided to us. You can also request that we erase any personal data we hold about you. This does not include any data we are obliged to keep for administrative, legal, or security purposes.

Where your data is sent

Suggested text: Visitor comments may be checked through an automated spam detection service.

Save settings
Cookies settings