
Construction, agriculture, transports, industrie… Les employés de plusieurs secteurs d’activité sont particulièrement exposés à la chaleur. Alors que les étés sont chaque année toujours plus chauds, un nouveau décret doit entrer en vigueur au 1er juillet, pour mieux les protéger.
Il trouve son intérêt en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), puisqu’elle est l’une des plus touchées par les accidents du travail mortels liés à la chaleur. En 2024, sur 7 accidents pour lesquels ce lien a été établi, 3 se sont produits dans la région. Le chiffre est « vraisemblablement sous-estimé » selon Santé publique France, « car les décès peuvent survenir dans les 3 jours après les fortes expositions à la chaleur, et donc à domicile ».
L’année d’avant, c’était moins. Sur 11 accidents mortels liés à la chaleur en France, seulement un avait eu lieu en Paca. Mais depuis 2018, selon les données 2023 de la Direction générale du Travail, Paca est la 5e région où se produisent le plus d’accidents du travail mortels reliés à la chaleur.
« Suspendre les tâches pénibles aux heures les plus chaudes »
« De manière générale, ces décès concernent quasi exclusivement des hommes, de 30 à plus de 60 ans, qui travaillent en particulier en extérieur, détaille Santé publique France, citant le BTP et l’agriculture, qui ont concentré presque tous les accidents mortels en 2024. Nous avons eu quelques cas récents de décès dans des environnements intérieurs, comme des entrepôts surchauffés.«
Le décret prévoit l’introduction dans le Code du travail de « dispositions relatives à la prévention des risques« , en fonction des seuils d’alerte « canicule » de Météo-France, comme l’obligation d’adapter les horaires, « suspendre les tâches pénibles aux heures les plus chaudes« , ajuster les périodes de repos, garantir l’accès à de l’eau fraîche, fournir des équipements adaptés, former les salariés.
Interrogés, des syndicats de professions à risque se disent satisfaits. « Nos entreprises pratiquaient ces mesures de bon sens, le décret les formalise« , dit Olivier Pihan, secrétaire général de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment en Vaucluse, qui « communique chaque année pour rappeler les règles« .
Malaise, déshydratation…
Dans l’agriculture, des domaines sont plus touchés que d’autres. Une étude menée en 2024 par le label Vignerons engagés, l’agence RSE Croissance bleue et le laboratoire Lapa-Research a montré que 80% des vignerons « constatent des impacts physiques » lors de fortes chaleurs. Malaise, déshydratation, baisse de l’attention. 36,5% pensent « que la réglementation ne prend pas suffisamment en compte le risque climatique« , dont deux tiers veulent « fixer un pallier de température de l’air au-dessus duquel il serait interdit de travailler« .
« Ce décret est important pour les travailleurs qui sont souvent écartés de certaines dispositions, réagit David Veyer, secrétaire fédéral territorial en Paca de la CFDT Agri-Agro. On l’a vu dernièrement, avec des saisonniers détachés dans la viticulture qui ont eu des malaises. Il y a eu des décès, dont un dans le pays d’Arles. Il faudra que les services de l’État veillent à ce que le décret soit appliqué.«
« Qui va contrôler tout ça ? »
Ce n’est pas gagné, pour la CGT-Travail, emploi et formation professionnelle. « La ministre du Travail vient d’annoncer une division par 4 du recrutement des inspecteurs, contextualise Cécile Clamme, secrétaire générale. Qui va contrôler tout ça ? C’est notre grande interrogation.«
La responsable syndicale décrit un décret « largement en deçà de ce qu’il faudrait faire« , car « trop axé sur les alertes vigilance météo, alors que la température peut être très élevée dans des locaux de travail, même en vigilance verte« , et l’impossibilité pour les inspecteurs prononcer un arrêt d’activité ou de travaux immédiat.
À l’été 2024, près de 1 500 contrôles ont été menés par l’inspection du travail. 6 des 7 accidents mortels « sont survenus pendant les journées où la température maximale enregistrée était supérieure à 30 °C, et aucun durant un jour de canicule« , selon Santé publique France. Les alertes canicule de Météo-France n’auraient donc pas été déclenchées, et le décret n’aurait, sans doute, pas permis de sauver ces vies. Ce qui pourrait remettre en question son intérêt à venir.
Des conséquences au long terme
L’accident mortel lié à la chaleur n’est pas le seul risque encouru. « Quand on travaille toute sa vie dehors, le soleil abîme l’ADN« , explique Marie-Aleth Richard, cheffe du service dermato-oncologie à la Timone, à Marseille.
« Les populations qui travaillent 8 h par jour au soleil font parfois 30, 40 cancers dans leur vie, alerte le professeur. Un vrai enjeu de santé publique.«
Le décret prévoit ainsi la « fourniture d’équipements de protection« . Selon l’OMS, l’exposition professionnelle est à l’origine d’un décès sur 3 par cancer de la peau non-mélanome.
accidentdutravail-idf.net vous a préparé ce post qui informe du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». La chronique se veut générée du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées indiquées sur le site dans le but d’apporter des explications sur ce post qui parle du thème « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». Le site accidentdutravail-idf.net a pour but de fournir diverses publications sur la thématique Association Sportive Huisson-Longueville Essonne diffusées sur le net. Il y aura plusieurs articles autour du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne » dans quelques jours, nous vous invitons à naviguer sur notre site web à plusieurs reprises.
