
« Le BTP reste une priorité pour nos services », explique le directeur adjoint de la DDETS du Rhône (à droite) ici pour contrôler un chantier en août 2026, avec Alexandre Metaxas, inspecteur du travail. – © Eric Séveyrat
Bien qu’il ne soit pas le plus accidentogène, le BTP reste le secteur d’activité le plus mortel en 2025 avec neuf décès sur 23 morts au travail dans le Rhône.
Le point avec Alain Testot, directeur adjoint au sein de la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).
Le BTP : « une priorité » pour les services de l’inspection du travail du Rhône
Avec 69 inspecteurs dans ses effectifs (72 en 2027), la DDETS doit intervenir sur tous les fronts. Chaque inspecteur travaille sur un territoire donné, il est polyvalent en termes d’activités, du commerce à l’industrie, du transport à la construction, etc. « Le BTP reste une priorité pour nos services, insiste Alain Testot, directeur départemental adjoint de la DDETS. Les chiffres de l’accidentologie ne baissent pas assez. Sur le terrain, on retrouve les mêmes situations à risque, les chutes notamment, qu’elles soient de hauteur ou de plain-pied. Nous utilisons régulièrement notre pouvoir d’arrêter une partie d’un chantier lorsque nous constatons que des salariés sont exposés aux risques. »
Dans le bâtiment, l’inspection du travail est surtout confrontée aux chutes de hauteur. Dans les travaux publics, les risques sont liés aux fouilles, à l’ensevelissement, aux engins, à la circulation et aux produits chimiques. Dans les deux secteurs, les services rencontrent des problématiques de conditions de travail et d’installations sanitaires (manque de toilettes, vestiaires, coin repas et repos, fraîcheur, chauffage, etc.).
Pour les inspecteurs qui connaissent bien les chantiers, il ne s’agit pas de tout bloquer : « Nous pouvons stopper les entreprises et les salariés qui travaillent dans une zone à risques, précise Yann Boitel-Bras, inspecteur du Rhône. Cela pose une difficulté de coordination. Après notre passage, d’autres salariés d’autres entreprises peuvent revenir travailler au même endroit et être exposés au même danger. D’où l’importance du rôle de la maîtrise d’ouvrage et du coordonnateur SPS [Sécurité et protection de la santé, NDLR]. »
Le problème apparaît lorsque plusieurs entreprises se succèdent. Une entreprise peut déposer une protection collective et ne pas la reposer, ou la reposer de manière insuffisante.
Accidents du travail dans le BTP : la précarité des salariés en question
« Nous ne pouvons évidemment pas être partout, reprend Alain Testot. Nous avons connaissance d’un certain nombre de chantiers grâce aux déclarations obligatoires d’ouverture de chantier. Les agents s’y rendent et effectuent des contrôles inopinés. »
Il y a enfin la question de la précarité. Le recours à l’intérim est important dans le BTP et des salariés peuvent être dans des situations administratives précaires. « Il peut y avoir une perte d’information des salariés étrangers sur les consignes de sécurité. Nous regardons s’ils sont déclarés et en situation régulière. Si un salarié n’a pas été déclaré, nous pouvons l’accompagner afin qu’il puisse obtenir le paiement du salaire correspondant au travail effectué », conclut Alain Testot.
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