170 accidents graves ou mortels
La Charente a enregistré 2 798 accidents du travail avec arrêt en 2023 (derniers chiffres consolidés), d’après la Dreets, direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, Nouvelle-Aquitaine, qui organisait cette semaine un colloque sur ce thème. C’est 17 % de moins qu’en 2021. Quand la région enregistre une baisse de 6,5 %. Mais au niveau de la Nouvelle-Aquitaine, le nombre d’accidents graves, c’est-à-dire ayant entraîné une incapacité permanente de 10 % ou plus, ou mortels a grimpé de 8,3 %. En Charente, il a au contraire diminué de 12,4 %, atteignant 170 accidents graves ou mortels en 2023, dont 9 mortels.

Renaud Joubert
Si la majeure partie des accidents du travail restent des malaises, on retrouve ensuite la manutention manuelle, 54 %, les chutes de plain-pied, 15 %, les chutes en hauteur, 10 %, et l’outillage à main, 9 %.
Chez ABC technology, la sécurité au travail est devenue un cheval de bataille depuis 2020. « Quand je suis arrivé dans l’entreprise on avait 13 % d’absentéisme global et 7 ou 8 accidents du travail par an. Ce n’était pas acceptable pour la santé de nos collaborateurs et pour l’économie de l’entreprise. » Alors cette industrie du Cognaçais a mis le paquet. « On a ajouté des barrières derrière les postes machines pour éviter les chutes. On a limité à 2,5 kg les caisses à porter, ajouté des tables réglables pour prévenir les troubles musculo-squelettiques. » Patricia Magnanon, 56 ans, opératrice, est fière de montrer le mini-élévateur qui lui permet de transporter et placer les caisses de produits en hauteur sans se faire mal au dos. « Grâce à tout ça et notre politique RH, notre taux d’absentéisme est tombé à 2 % et on enregistre en moyenne plus qu’un accident du travail par an ».
Le BTP compte parmi les secteurs les plus à risque – 13 % des accidents du travail en Charente en 2023, avec 371 accidents avec arrêt. Souvent accompagnées par l’OPP BTP, organisme dédié, de nombreuses entreprises ont entamé des démarches. « On sent qu’il y a une prise de conscience », assure Nicolas Tricard, directeur régional de l’OPP BTP.
« Avant, on acceptait dans la culture collective qu’un couvreur soit tombé dix fois dans sa vie, qu’un menuisier se coupe un doigt, c’était passé sous silence. Aujourd’hui c’est médiatisé, beaucoup moins toléré, surtout chez les jeunes qui y sont sensibilisés dès leur formation ».

Renaud Joubert
Chez Abella maçonnerie, à Louzac-Saint-André, 20 salariés, Vincent Ballanger a justement décidé de s’appuyer sur ses jeunes recrues pour faire l’inventaire des risques. « Il y a deux ans, l’un de nos charpentiers les plus expérimentés s’est pris les pieds dans une planche de bois et a chuté par un trou de velux », raconte Vincent Ballanger. « Heureusement il n’a chuté que de 2 m et n’a eu qu’une côte cassée. Mais ça nous a fait basculer d’une entreprise qui essaie de faire son possible à une entreprise qui fait de la sécurité un sujet primordial », témoigne-t-il.
« Je n’ai aucun moyen de pression sur mes salariés. »
« En revanche, je ne voulais pas arriver à un gros manuel impossible à appliquer et qu’on en oublie de travailler, alors on a défini des priorités, avec du bon sens ». Résultat : des protocoles d’auto-contrôle d’installation d’échafaudages, des équipements de protection individuelles en libre-service, une lettre mensuelle avec des conseils sécurité… « Il y a tout de même une grosse limite à tout ça », regrette le chef d’entreprise. « S’il y a un accident grave, c’est ma responsabilité pénale qui est engagée, mais je n’ai aucun moyen de pression sur mes salariés qui ne veulent pas respecter les règles, ce n’est pas une cause de licenciement ».
« Avant on acceptait qu’un couvreur tombe dix fois dans sa vie. »
Des relais Santé sécurité au travail autres que les managers, un escape game sur la prévention des risques, et depuis cette année, une « Safety box »… Chez Naval group à Ruelle aussi la lutte contre les accidents du travail ne cesse de se renforcer. « La sécurité des salariés est une de mes priorités », répète Arnaud Daïna, directeur du site d’un millier de salariés. « Dans cette Safety box, il y a une expérience en réalité virtuelle pour se balader dans le site et détecter les risques, mais aussi un espace de réflexion pour transposer ça à son propre poste de travail », décrit Arnaud Daïna. Plus de 500 salariés ont déjà bénéficié de cette Safety box en un an. De nouveaux efforts payants. Sur le site ruellois, l’accidentologie globale a été divisée par trois en quatre ans.
Jusqu’à la prison ferme
Au tribunal judiciaire d’Angoulême, la réponse pénale en cas d’accident grave ou mortel varie « d’une simple contravention si l’incapacité totale de travail, ITT, est inférieure à 3 mois, à de la prison ferme si des manquements graves sont avérés et que le chef d’entreprise a déjà été condamné », explique Mathieu Auriol, vice-procureur. « En général c’est la personne morale (l’entreprise) qui est poursuivie, mais s’il y a une faute caractérisée ou volontaire ça peut aussi être le chef d’entreprise ». Les principaux problèmes auxquels la justice se retrouve confrontée c’est « des victimes qui refusent de se faire examiner par un médecin et n’ont pas d’ITT. Ou des scènes modifiées, des gens qui s’entendent sur une version des faits avant d’être interrogés. Ce qui est une circonstance aggravante », rappelle le vice-procureur.
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