En 2023, 668.510 accidents du travail (avec au moins un jour d’arrêt) ont été recensés en France. Ils sont plus fréquents dans les secteurs de l’intérim, des transports, de la construction, de la santé et du médico-social.
Certains métiers sont plus dangereux que d’autres. En 2023, 668.510 accidents du travail (avec au moins un jour d’arrêt) ont été recensés en France, selon les chiffres* publiés par la Dares (service statistique du ministère du Travail) en mai. La durée cumulée de tous ces arrêts correspond à l’équivalent de près de 160.000 emplois (en équivalents temps plein) qui n’ont pas été travaillés pendant un an. Parmi ces accidents, 818 ont été mortels.
Certains secteurs sont beaucoup plus soumis aux accidents du travail : ainsi le risque est deux fois plus élevé dans l’intérim par rapport à la moyenne. On peut trouver deux explications à ce phénomène : tout d’abord, les intérimaires sont plus exposés aux accidents du travail que les salariés permanents, selon l’étude, et les secteurs qui emploient le plus d’intérimaires sont aussi les plus accidentogènes.
Transport, manutention, médico-social, construction…
Parmi les secteurs à risque, on retrouve à la première place le transport et l’entreposage (notamment le fret aérien et routier, la manutention et les services de déménagement). La durée cumulée des jours d’arrêt dus à un accident du travail y représente 1,5% du volume de travail total du secteur (la plus forte proportion recensée dans l’étude). Les accidents du travail sont aussi très fréquents dans le secteur de la santé et du médico-social, notamment dans les secteurs en lien avec des personnes âgées ou handicapées. Les arrêts de travail y représentent 1,4% de l’emploi total.
La construction (notamment la couverture, la menuiserie, les forages et la plâtrerie) ainsi que l’agriculture (notamment l’élevage et l’exploitation forestière) sont aussi particulièrement exposées. Dans ces secteurs, non seulement les accidents sont nombreux, mais ils sont aussi particulièrement graves. La fréquence des accidents graves est trois fois supérieure à la moyenne nationale dans l’agriculture, et deux fois supérieure dans les transports, l’intérim, la construction, le médico-social et les industries du bois et du papier.
Des jeunes hommes qui travaillent dans de petites et moyennes entreprises
Globalement, les accidents du travail sont moins fréquents dans les grandes entreprises (plus de 250 salariés), ce qui peut s’expliquer par le fait que les actions de prévention y sont plus nombreuses, explique la Dares. Lorsqu’on s’intéresse aux caractéristiques démographiques des salariés, on remarque que les plus jeunes sont bien plus souvent victimes. En 2023, les salariés de moins de 20 ans subissent 25 accidents du travail par million d’heures rémunérées, contre 13 pour les salariés de 60 ans ou plus, soit deux fois plus.
En revanche, les accidents graves deviennent plus fréquents avec l’avancée en âge. La fréquence des accidents mortels croît elle aussi avec l’âge, allant de 7 accidents mortels par milliard d’heures rémunérées chez les moins de 30 ans à 53 pour les 60 ans ou plus. Cela s’explique notamment par les arrêts cardiaques. Chez les femmes, les accidents sont moins fréquents et moins graves que chez les hommes, mais cette tendance tend à s’inverser avec l’âge. À partir de 60 ans, les accidents deviennent un peu plus fréquents chez les travailleuses que chez les travailleurs.
Sud-ouest, Bretagne ou Paris ?
Enfin, il y a des régions où les accidents du travail sont plus fréquents, à cause de la spécialisation des territoires dans certaines activités.

Dans les zones d’emplois spécialisés dans l’industrie, concentrées dans les Pays de la Loire ou en Bretagne, leur fréquence est plus élevée. C’est aussi le cas des zones d’emplois spécialisés dans le tourisme, situées essentiellement en zone montagneuse ou littorale.
Les zones spécialisées dans l’agriculture, concentrées majoritairement dans le quart Sud-Ouest du pays, sont les plus exposées à tous les types d’accidents du travail, y compris graves et mortels. Les accidents du travail y sont 1,9 fois plus fréquents que dans les grandes agglomérations. Enfin, les grandes villes et notamment Paris sont les moins affectées car elles concentrent plus d’emplois de cadres et de services.
* Ces statistiques couvrent les accidents du travail de l’ensemble des salariés, du secteur privé comme du secteur public, hors Mayotte, à l’exception, faute de données consolidées disponibles, des fonctionnaires de l’État, des agents statutaires pris en charge par des régimes spéciaux couvrant par exemple les agents des industries électriques et gazières, de la SNCF, de la RATP ou les marins, des salariés agricoles de Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, et des salariés détachés des autres pays de l’Union européenne.
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