
Arnaud Darthenay refuse que la mort de son fils reste une statistique de plus. Depuis le décès d’Axel, 16 ans, survenu en juin 2025 dans une entreprise de Saint-Lô (Manche) lors d’un stage de seconde, il s’est engagé pour faire entendre une parole de familles confrontées à des drames évitables.
Son combat vise l’arrêt des stages d’observation en classe de troisième et de seconde, qu’il considère comme une mise en danger inutile des élèves. Faire comprendre que « des mineurs meurent dans un contexte dans lequel il ne devrait pas se trouver. » Que son drame ne soit pas aussi celui d’une autre famille lorsqu’un jeune vient à découvrir le monde de l’entreprise. Des mois à se battre. Une pétition signée par 5 000 personnes.
On ne s’oppose pas à tous les stages en entreprise. On fait la distinction. Mais les stages en seconde et en troisième n’ont pas de sens.
Et puis, il y a deux semaines, un élève de 15 ans d’un lycée professionnel du Gard est décédé, écrasé par un chariot élévateur sur son lieu de stage, une entreprise de BTP.
Dans la foulée, l’État propose de revoir sa copie. Après, pourtant, être resté indifférent aux courriers et actions de la famille d’Axel. Même pas des condoléances. Pas plus tard qu’hier, faute de réponse, le député Philippe Gosselin a interpellé directement Edouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale. Juste pour que l’on daigne accorder un rendez-vous aux parents d’Axel, ne serait-ce que pour les écouter.
Aujourd’hui, en seconde, on envoie les enfants dans les entreprises pendant quinze jours. On ne forme personne, il n’y a pas de préparation. Idéalement, pour nous, il faudrait que l’Éducation nationale se déplace dans les entreprises pour préparer la venue des enfants en bac pro. Il faut arrêter que se dire qu’à partir du moment où une convention de stage est signée, il n’y a plus de risques pour l’enfant. C’est faux et aberrant.
Le gouvernement revoit sa copie
Sa démarche ne s’oppose pas à tous les stages, mais distingue clairement ceux d’observation (en 2de et en 3e), jugés peu utiles, des stages en lycée professionnel, qui s’inscrivent dans un apprentissage concret. Une position partagée par le syndicat Sud Éducation.
Pour Florence Desramé, co-secrétaire dans la Manche, ces stages « n’ont pas de sens » et ne contribuent pas réellement à l’orientation des élèves. Ils répondraient davantage à une contrainte organisationnelle qu’à un objectif pédagogique.
En 3e, les cinq jours de stage d’observation sont obligatoires depuis 2005. En 2nde générale et technologique, les deux semaines de stage ont été mises en place plus récemment, en 2024, malgré l’opposition des associations de parents d’élèves et des organisations syndicales. Le gouvernement envisage de remanier ces stages en proposant aux élèves de remplacer le stage par des visites groupées en entreprises.
Ces propositions-là ne tiennent pas la route. On ne peut pas accepter que des familles perdent leur enfant dans un contexte qui n’est pas organisé. Accueillir un élève en entreprise, cela se prépare. Cela ne se fait du jour au lendemain. On fait prendre des risques aux enfants, sinon.
« Le travail tue des mineurs »
Il réclame plus de moyens pour la prévention. La sécurité au travail est une culture à apprendre. Chez les moins de 25 ans, plus de la moitié des accidents du travail ont lieu pendant la première année de présence en entreprise. « Aujourd’hui, le travail tue les mineurs, souffle Antonio Gomes. C’est une triste réalité. Les chiffres sont là pour l’attester. Et l’administration ne peut plus le contester. »
À chaque fois, derrière les chiffres d’une série noire, derrière ces drames sitôt destinés à la rubrique des faits divers, le destin de jeunes qui ont perdu la vie à l’âge où, logiquement, on commence à envisager de la construire.
Le 30 avril 2025, un élève apprenti maçon âgé de 15 ans a perdu la sienne sur un chantier à Saint-Martin-du-Var. Le 16 mai 2025, un lycéen préparant un bac professionnel trouve la mort en Saône-et-Loire dans l’entreprise où il était en stage. Le 27 juin 2025, une jeune femme de 19 ans qui suit une formation dans un lycée agricole de Corrèze perd la vie dans la ferme où il est en stage. Le 4 juillet de l’an dernier, un jeune homme de 16 ans meurt à son tour dans une exploitation agricole.
Derrière chaque chiffre, il y a des vies interrompues prématurément. Pour Arnaud Darthenay, l’enjeu dépasse son propre drame : il s’agit de faire reconnaître que ces morts ne sont ni inévitables ni acceptables. « On ne peut pas accepter que des jeunes disparaissent là où ils étaient censés apprendre, avancer, grandir », affirme-t-il.
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