Ces industriels qui tentent de prévenir les accidents du travail grâce à l’intelligence artificielle

Le groupe, qui développe des solutions sur mesure installées chez ses clients industriels, projette de leur proposer cet équipement, comme un service en plus. C’est une petite entreprise de Cherbourg, Fastpoint, qui a mis au point ce système de computer vision couplée à une couche d’IA. «Notre produit, SecuriSpot, peut détecter les EPI, signaler les intrusions dans des zones dangereuses, prévenir les collisions hommes véhicules, repérer un homme à terre ou la présence d’une personne sous le cône de sécurité d’une grue déplaçant une charge», explique Nicolas Leconte, son directeur marketing et commercial.

Plus de 700 morts par an

Après une phase d’expérimentation, le produit commence sa commercialisation. «Cette année, tous les grands groupes passent en mode action et intègrent de l’IA dans la prévention des accidents du travail, le marché est mature», assure Nicolas Leconte, qui a compté une centaine de contacts commerciaux en un an. Il ne les cite pas, mais ces clients potentiels viennent de l’industrie manufacturière, de la logistique, du BTP, de l’industrie ferroviaire, navale, automobile, du recyclage des déchets. «Ils apprécient que l’IA ne fasse pas de sentiment, elle a une vision rationnelle et note tout.» L’enjeu est de taille. En 2023, l’Assurance maladie a recensé 650 000 accidents du travail, dont 759 mortels, un chiffre en hausse. On estime le coût total des accidents du travail à 7 milliards d’euros par an en moyenne.

De son côté, EDF s’est lancé dans une expérimentation pour la vérification par l’IA des équipements de protection de ses salariés entrant en zone contrôlée, dans ses centrales nucléaires. «Une caméra les observe, une IA compare les images produites à ce qu’ils doivent porter, et un feu vert s’allume s’ils possèdent bien les six équipements requis», explique la directrice prévention, santé, sécurité du groupe EDF, Béatrice Prud’homme.

IMG_UN4816095_03

Testé depuis août 2024 dans la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), le dispositif mis au point par Perception Manufacturing contrôle 1000 entrées par jour en semaine, 200 durant les week-ends. EDF songe à l’étendre à une deuxième centrale nucléaire. Car il devient un autre outil de supervision de chantier, s’enthousiasme Béatrice Prud’homme. «Il peut détecter les situations dangereuses à haut potentiel de gravité, comme la présence d’une personne dans un périmètre défini, sous la charge d’une grue, ou marchant hors des chemins de circulation. Il peut aussi détecter des véhicules qui se déplacent trop vite ou s’approchent d’une personne.» Un message est envoyé en temps réel sur les téléphones des responsables de la sécurité, qui peuvent intervenir. Selon son inventeur, la société singapourienne Ailytics, l’IA détecterait sept fois plus souvent que les humains les écarts aux règles, lesquels diminuent de 73 % en cinq semaines quand on l’utilise. EDF s’apprête à tester cet outil sur le chantier de l’EPR de Penly (Seine-Maritime).

Toutes sortes de capteurs

L’analyse d’images existait avant l’IA, mais la force de frappe de celle-ci a démultiplié son efficacité. «Elle reconnaît beaucoup plus de classes d’objets simultanément et limite les fausses alarmes», précise Rémi Arnould, chargé de l’avant-vente en région parisienne chez Axis Communications, qui a intégré de l’IA dans ses caméras de surveillance depuis bientôt quatre ans. Des partenaires d’Axis Communications développent des applications spécifiques, détectant la présence de lunettes de sécurité ou de protections auditives, le dépassement d’un taux d’occupation, un feu. Depuis ce printemps, Axis Communications propose des capteurs de qualité de l’air et une analyse de sons, bris de verre ou cris par exemple.

Car l’IA peut être couplée à toutes sortes de capteurs. StrongArm Technologies propose d’en placer sur le dos des salariés portant des charges lourdes afin de mesurer la pression exercée sur leur colonne vertébrale. Descours & Cabaud fabrique un gant d’aide à l’effort intelligent : il paramètre son action en fonction des efforts à fournir par l’opérateur. Tous les capteurs qui contrôlent l’état des machines, l’environnement de travail, les émissions de gaz toxique, concourent à une prévention des risques. La surveillance en temps réel n’est pas la seule utilisation de l’IA pour prévenir les accidents du travail. Elle réalise aussi des analyses prédictives : à partir de données historiques ou produites par une autre IA, une intelligence artificielle peut prédire les situations à risque, entraînant ainsi des actions de prévention ciblées. Chez Idea, les données de SecuriSpot ont permis d’identifier deux créneaux horaires pendant lesquels les salariés portaient moins bien leurs casques : vers 11h30-12h et en fin de journée. «Nous avons remobilisé les chefs d’équipe pour qu’ils fassent des piqûres de rappel sur ces créneaux horaires», indique Tangi Le Doridour. Chez EDF, les EPI le plus souvent oubliés ont été identifiés, ainsi que les pics d’activité.

Depuis le début 2024, les 900 agences d’Adecco, le géant de l’intérim, utilisent elles aussi un outil prédictif interne. Après l’analyse de 200 types de datas différents, dont 30 prioritaires, l’algorithme peut prédire le risque de survenance d’un accident dans les trois mois. Il croise les données d’un poste (secteur, métier, antécédents de l’entreprise…) et celles d’un intérimaire (âge, date de la dernière sensibilisation à la sécurité, nombre d’heures travaillées…). Résultat, 20 000 alertes ont été communiquées aux agences, soit une ou deux par mois et par agence. «Nous pouvons alors proposer des formations ou aller dans l’entreprise faire des observations», explique Stéphane Cuny, son responsable prévention et sécurité. Selon Adecco, les accidents du travail ont diminué de 10 % depuis l’adoption de cet outil.

Pour que l’IA soit acceptée par les salariés, les entreprises doivent s’engager à ne pas l’utiliser pour sanctionner un salarié. Chez EDF, tous les visages sont floutés. «L’objectif n’est pas la chasse à l’erreur, mais de protéger les salariés», insiste Béatrice Prud’homme. En option, Fastpoint propose la possibilité de conserver les photos durant 48 heures, avec l’accord des salariés. Idea ne l’a pas retenue. «Notre charte encadre strictement l’usage de l’IA et de la computer vision : les données ne peuvent en aucun cas être utilisées à l’encontre des opérateurs, précise Tangi Le Doridour. C’est un outil d’amélioration collective, non un levier managérial.»

Autre risque pointé par les professionnels de la prévention : s’en remettre à l’IA pourrait faire baisser la vigilance des salariés. Chez Idea, Tangi Le Doridour est convaincu qu’ «avec la routine, les alertes visuelles perdent de leur impact, les hommes doivent garder la main pour modifier leurs comportements. L’IA n’est qu’un outil de prévention». Chez EDF, les salariés entrant en zone contrôlée continuent d’utiliser, en plus de l’IA, leur ancien système de contrôle. «L’IA est une ligne de défense supplémentaire, elle ne remplace pas un homme, plaide Béatrice Prud’homme. C’est lui qui décide au final d’entrer en zone de contrôle.»

Un soutien pour les médecins du travail

Éditeur historique des logiciels utilisés par les services de prévention et de santé au travail, Val Solutions lance en octobre un « compagnon de visite » : la visite médicale pourra être écoutée par une IA (avec l’accord du salarié), qui codera les données et remplira le rapport de visite. « Pour un entretien de vingt minutes, un médecin du travail peut aujourd’hui passer quinze minutes à rédiger son rapport. Vérifier ce qu’a fait l’IA ne lui en prendra plus que cinq, ce qui lui libérera du temps médical », explique Frédéric Bourgeois, le président de Val Solutions, dont les logiciels suivent 10 à 12 millions de salariés. Depuis mai 2025, l’ensemble des services de prévention et de santé au travail doivent codifier les maladies selon un même thésaurus, ce qui va créer une énorme quantité de données cohérentes et exploitables, alors qu’elles étaient jusqu’ici disparates. Le patron de Val Solutions milite auprès du gouvernement pour pouvoir faire du diagnostic prédictif, en croisant l’analyse de milliers d’études médicales publiées chaque année et les expositions des salariés. « On pourra mettre en place une prévention “ultra amont”, à dix ou quinze ans, pour limiter les pathologies, espère Frédéric Bourgeois. Techniquement, c’est simple, mais il faut créer un système de gouvernance pour valider les études médicales et les corrélations avec les maladies professionnelles. » D’autres actions de prévention ciblées sur les entreprises sont envisageables. Mais les données de santé sont « sensibles » d’un point de vue RGPD et IA Act, qui encadrent strictement leur usage. Indispensables pour susciter la confiance et l’adhésion des médecins du travail et des salariés, même si cela ralentit les développements. 

 

accidentdutravail-idf.net vous a préparé ce post qui informe du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». La chronique se veut générée du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées indiquées sur le site dans le but d’apporter des explications sur ce post qui parle du thème « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». Le site accidentdutravail-idf.net a pour but de fournir diverses publications sur la thématique Association Sportive Huisson-Longueville Essonne diffusées sur le net. Il y aura plusieurs articles autour du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne » dans quelques jours, nous vous invitons à naviguer sur notre site web à plusieurs reprises.

We use cookies to personalise content and ads, to provide social media features and to analyse our traffic. We also share information about your use of our site with our social media, advertising and analytics partners. View more
Cookies settings
Accept
Privacy & Cookie policy
Privacy & Cookies policy
Cookie name Active

Who we are

Suggested text: Our website address is: https://www.accidentdutravail-idf.net/blog.

Comments

Suggested text: When visitors leave comments on the site we collect the data shown in the comments form, and also the visitor’s IP address and browser user agent string to help spam detection.

An anonymized string created from your email address (also called a hash) may be provided to the Gravatar service to see if you are using it. The Gravatar service privacy policy is available here: https://automattic.com/privacy/. After approval of your comment, your profile picture is visible to the public in the context of your comment.

Media

Suggested text: If you upload images to the website, you should avoid uploading images with embedded location data (EXIF GPS) included. Visitors to the website can download and extract any location data from images on the website.

Cookies

Suggested text: If you leave a comment on our site you may opt-in to saving your name, email address and website in cookies. These are for your convenience so that you do not have to fill in your details again when you leave another comment. These cookies will last for one year.

If you visit our login page, we will set a temporary cookie to determine if your browser accepts cookies. This cookie contains no personal data and is discarded when you close your browser.

When you log in, we will also set up several cookies to save your login information and your screen display choices. Login cookies last for two days, and screen options cookies last for a year. If you select "Remember Me", your login will persist for two weeks. If you log out of your account, the login cookies will be removed.

If you edit or publish an article, an additional cookie will be saved in your browser. This cookie includes no personal data and simply indicates the post ID of the article you just edited. It expires after 1 day.

Embedded content from other websites

Suggested text: Articles on this site may include embedded content (e.g. videos, images, articles, etc.). Embedded content from other websites behaves in the exact same way as if the visitor has visited the other website.

These websites may collect data about you, use cookies, embed additional third-party tracking, and monitor your interaction with that embedded content, including tracking your interaction with the embedded content if you have an account and are logged in to that website.

Who we share your data with

Suggested text: If you request a password reset, your IP address will be included in the reset email.

How long we retain your data

Suggested text: If you leave a comment, the comment and its metadata are retained indefinitely. This is so we can recognize and approve any follow-up comments automatically instead of holding them in a moderation queue.

For users that register on our website (if any), we also store the personal information they provide in their user profile. All users can see, edit, or delete their personal information at any time (except they cannot change their username). Website administrators can also see and edit that information.

What rights you have over your data

Suggested text: If you have an account on this site, or have left comments, you can request to receive an exported file of the personal data we hold about you, including any data you have provided to us. You can also request that we erase any personal data we hold about you. This does not include any data we are obliged to keep for administrative, legal, or security purposes.

Where your data is sent

Suggested text: Visitor comments may be checked through an automated spam detection service.

Save settings
Cookies settings