« Le constat est alarmant », souligne Marie Rannou, conseillère en prévention des risques professionnels à la MSA d’Armorique. « Alors qu’en près de 20 ans, le nombre total d’accidents du travail est en baisse, – 11 %, celui des femmes est en forte hausse, + 41,6 % ».
Des accidents du travail en forte hausse
Dans le détail, alors qu’il y a quasiment autant de femmes que d’hommes au travail, 47 % et 53 %, les hommes sont bien plus sujets aux accidents du travail puisqu’en 2001, ils étaient victimes de 7 accidents sur 10. En 2019, leur nombre a diminué de plus d’un quart, passant de 565 000 à 411 000 accidents par an. Mais dans le même temps, le nombre d’accidents concernant les femmes est passé de 173 000 à 244 000 par an.
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30 à 40 % d’absentéisme en plus
« Les femmes sont aussi surexposées aux TMS, aux troubles musculo-squelettiques reconnus en maladie professionnelle, aux cancers du sein en lien avec les expositions professionnelles, notamment travail de nuit, à la souffrance psychique au travail, première maladie à caractère professionnel des femmes », rajoute Marie Rannou. « Sans oublier les violences sexistes et sexuelles au travail. Et, au total, l’absentéisme des femmes est de 30 à 40 % supérieur à celui des hommes, en lien avec les contraintes de travail auxquelles elles sont exposées ».
Des chiffres qui s’expliquent par une différence dans la répartition des emplois, de nombreux métiers étant encore « non-mixtes », mais aussi par une sur-exposition des femmes aux facteurs de risques (risques psychosociaux, pénibilité…) et à des conditions de travail non adaptées à leur morphologie, leur physiologie… Des différences biologiques peuvent aussi se traduire par des impacts différents chez les hommes et les femmes pour une même exposition.
« Du fait de leurs grossesses, les carrières des femmes sont aussi plus morcelées et elles ont moins de possibilités d’évolution professionnelle et ainsi de s’extraire de conditions de travail délétères », détaille la conseillère. « Elles ont aussi, plus souvent, des horaires de travail plus morcelés, se chargent de leurs enfants ou de leurs parents, bénéficient de moins de temps de récupération, ont plus de troubles du sommeil… ».
Des femmes invisibilisées en agriculture
Organisme de protection sociale de l’agriculture, la MSA, la Mutualité sociale agricole, s’est engagée depuis longtemps auprès des femmes. « Elles sont encore invisibilisées, alors qu’un agriculteur sur 3 est une agricultrice, et que près de 4 salariés agricoles sur 10 sont des femmes », explique Florence Daniel, responsable du service santé et sécurité au travail à la MSA d’Armorique.
En 2024, la Caisse centrale de MSA a publié un livre blanc sur ces femmes en agriculture et formulé 15 propositions. Sur les enjeux spécifiques de la santé au travail des femmes en agriculture, elle a planché sur le statut des agricultrices, essentiel à la reconnaissance de leur travail mais aussi pour bénéficier de prestations sociales.
L’articulation entre vie personnelle et vie professionnelle est aussi compliquée, la charge mentale du foyer et es enfants revenant encore le plus souvent aux femmes, dans un milieu rural où modes de garde, congés maternité et congés parentaux sont plus difficiles à appréhender, les horaires de travail atypiques…
« En agriculture, les femmes sont aussi soumises à des risques spécifiques, comme la fièvre Q, et un accès plus difficile au système de soins », note la MSA. Enfin, le matériel, pensé pour les hommes, est souvent inadapté à la morphologie et à l’anatomie des femmes, impliquant des difficultés d’exercice du métier, voire des troubles musculo-squelettiques, des accidents…
Choisir du matériel plus adapté
Mais les choses changent peu à peu. Ainsi, à la demande du GAB, le groupement des agriculteurs bio du Finistère, la MSA d’Armorique a organisé une formation à l’utilisation de la tronçonneuse, uniquement destinée aux femmes. « Tronçonneuse ou élagueuse, thermique ou électrique, elles peuvent ainsi choisir le matériel le plus adapté pour elles, apprendre à démarrer la tronçonneuse en sécurité, sans gestes forcés ou postures pénibles ».

Différencier n’est pas discriminer
Le Code du travail demande à ce que l’évaluation des risques au travail tienne compte de l’impact différencié de l’exposition, en fonction du sexe. « Cette approche différenciée de l’évaluation des risques professionnels permet de prendre en compte les situations réelles de travail des femmes et des hommes », souligne Marie Rannou. « Identifier leurs besoins pour réaliser leur travail permet d’améliorer les conditions de travail de toutes et tous, en favorisant l’équité, d’adapter et d’enrichir la prévention pour la rendre universelle. Différencier n’est pas discriminer ! »
Dans le cadre du 4e plan régional Santé au travail, le Croct, le comité régional d’orientation des conditions de travail Bretagne, a édité un 4 pages intitulé « Santé au travail des femmes, comprendre pour agir », disponible notamment sur le site de l’Anact.
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