
La mort d’un ouvrier d’Alstom sur le chantier du métro de Toulouse, qui ne serait pas due à un malaise mais à un accident, a suscité des réactions sur le terrain politique. Les élus écologistes demandent une suspension d’une partie des travaux et les Insoumis s’interrogent sur le « mensonge » de la première version des faits. Tisséo, qui n’a pas accès à l’enquête, rappelle que les mesures de sécurité prises vont au-delà de ses obligations légales.
La mort d’un ouvrier de la ligne C du métro de Toulouse, sur le viaduc de Labège, le 3 août, qui, d’après les premières investigations de la justice, serait un accident maquillé et non pas un malaise, a suscité des réactions d’indignation de la part des élus d’opposition. « Quelle honte ! », a fustigé, sur X, Hélène Cabanes, conseillère municipale Les Écologistes. Son collègue Régis Godec a demandé que « toute la lumière soit faite sur les conditions de ce troisième décès sur le chantier ». Et, en attendant, recommande-t-il, Tisséo Collectivités, le maître d’ouvrage, doit « exiger la suspension des travaux confiés à Alstom ». Le leader français du ferroviaire est chargé de la construction des rames et de l’installation des rails. C’est un compagnon intérimaire d’Alstom qui est décédé lors d’une opération de maintenance.
Hélène Cabanes s’interroge sur la sécurité du plus grand chantier de l’histoire de Toulouse. Pour elle, la sécurité au travail est, de façon générale, « insuffisamment prise en compte en France ». Elle évoque « la dégradation des conditions de travail » et le « désengagement de l’État » avec la suppression des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail et « la baisse du nombre d’inspecteurs du travail ».
En décembre, lors d’un conseil de la Métropole, elle était déjà montée au créneau après un second accident mortel, en mettant en cause Tisséo, un « donneur d’ordre public qui est censé être exemplaire ».
« Qui a menti ? »
Les Insoumis aussi ont exigé « toute la lumière » sur les conditions du décès. Et sur ce qui s’apparente à une manipulation des faits. « Pourquoi avoir caché les vraies causes du décès ? », a demandé François Piquemal sur X. Si l’ancien adversaire de Jean-Luc Moudenc aux municipales ne pointe personne du doigt, son homologue député LFI Hadrien Clouet, lui, désigne, dans un post, « la mairie du Toulouse (qui) prétend que la victime du chantier du métro est décédée d’un malaise ». « Pourquoi cette dissimulation révoltante ? », lance-t-il. Avant d’insister : « qui a menti ? Des responsables de chantiers aux élus ? (…) Des élus au grand public ? ». Sur le réseau X, ces interventions des députés ont provoqué une avalanche de commentaires qui leur reprochent de se livrer à une « récupération politique ».
L’élu socialiste François Briançon est plus mesuré : « On doit la vérité à la famille et à tous les ouvriers du chantier », réagit-il en attendant, pour le reste, les résultats de l’enquête.
Alstom a déjà indiqué ne pas vouloir s’exprimer sur une enquête judiciaire. Président de Tisséo Collectivités, Jean-Michel Lattes ne souhaite pas non plus prendre la parole, ni répliquer aux attaques politiques. Tisséo a rappelé dans un communiqué que la sécurité était « une priorité absolue » et que les mesures prises vont au-delà des obligations légales. En 2025, 7 400 visites inopinées ont été menées, soit 30 par jour. D’où un nombre d’accidents plus faible qu’ailleurs. Un coordinateur sécurité et protection de la santé, nommé au démarrage du chantier, va réunir le Comité interentreprises de santé, de sécurité et des conditions de travail. Tisséo n’a pas accès à l’enquête judiciaire et n’était pas représenté lors de la reconstitution.
À l’issue de cet acte judiciaire, le procureur de la République, David Charmatz, qui a écarté le malaise comme cause de la mort en évoquant « le fonctionnement d’un engin de levage conduit par un tiers », a insisté sur la priorité accordée aux investigations sur les accidents du travail. « Ce sont des enquêtes particulièrement importantes. À chaque accident mortel, le parquet se déplace, comme c’était le cas à Safran. »
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