À rebours de l’actualité, la question des accidents du travail se pose avec force en Creuse. Récemment, deux drames successifs ont marqué les esprits. À Chéniers, un salarié intérimaire de soixante-deux ans est décédé en chutant d’une nacelle dans l’exercice de ses fonctions. À Aubusson, un homme qui effectuait des travaux d’entretien à la Cité de la tapisserie a chuté sur un transformateur électrique d’une puissance de 20.000 volts. Deux cas qui interpellent et ravivent les douleurs d’un autre drame.
En 2022, Angélique Bouquet a perdu la vie à la Manufacture Royale du Parc d’Aubusson suite à un problème avec un ourdisseur de laine (une machine ancienne servant à mélanger la laine).
Le tribunal correctionnel de Guéret a rendu son verdict dernièrement, condamnant les ex-dirigeants à des peines de 8 à 10 mois de prison avec sursis. Verdict qui étonne Franck Dourdy, compagnon de la victime : « Je trouve ça vraiment léger, je pensais qu’ils prendraient plus. Ce qui n’est pas normal, c’est qu’ils ont eu des manquements à la sécurité qui ont conduit au décès de ma femme et l’un d’entre eux a pu rouvrir une activité derrière, confie-t-il la gorge nouée par l’émotion. Ça fait toujours mal parce qu’aux yeux de la loi je n’étais rien pour ma femme car nous n’étions pas liés par un contrat, j’étais juste considéré comme le géniteur de mes enfants ».
Un manque de sévérité partagé par Agathe Winocq élue au bureau de l’Union départementale de la CGT
« Certaines entreprises négligent la sécurité au travail au profit de contrats juteux. C’est un choix délibéré et inacceptable. On ne peut pas jouer avec la sécurité de nos salariés, ils ne doivent pas se lever chaque matin en se demandant s’ils vont revenir le soir ».
Une hausse de 8 % des accidents en un an
Si ces drames marquent les esprits, l’idée reçue selon laquelle les accidents ne concernent que les chantiers ou les champs semble fausse. Certes, la Creuse est un territoire rural, mais les chiffres nationaux publiés par la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) révèlent une tout autre réalité. Entre 2017 et 2023, les trois secteurs recensant le plus d’accidents de travail n’ont rien à voir avec le BTP et l’agriculture : il s’agit de la santé humaine et du social, du commerce et de la réparation d’automobiles et de motocycles, et enfin les services administratifs. Qu’en est-il alors de la Creuse ?
Les chiffres donnés par la Carsat (voir ci-contre) attestent bel et bien que la Creuse ne se démarque pas des tendances nationales. Les secteurs lourdement impactés par des accidents du travail et qui nécessitent au minimum trois jours d’arrêt sont globalement les mêmes. Le domaine de la santé se hisse à la première position, suivi par le secteur du BTP et le commerce en troisième position. Parmi les accidents récurrents, la manutention manuelle, les chutes de plain-pied et les risques routiers constituent le podium des accidents nécessitant un arrêt de plus de trois jours.
Et le monde agricole dans tout ça ? Ce secteur, qui dépend de la MSA voit également une hausse des accidents. Entre 2024 et 2025, le nombre de cas recensés a augmenté de 14,5 %, passant de 275 à 315. Sur ces deux années consécutives, la manipulation et la contention des animaux, ainsi que les chutes de plain-pied, sans oublier les soins aux animaux, restent les plus ravageurs. Mais Nicolas Maligne, responsable service santé et sécurité de la MSA se veut rassurant : « Le volume augmente, mais la gravité se stabilise »
Le coût de l’usure des corps
Si le volume augmente dans le monde agricole, c’est une tendance de fond qui s’observe au sein du département. Comme le confirment les chiffres fournis par Jean-François Gourdon, directeur de la CPAM en Creuse, le nombre d’accidents du travail reste effectivement en hausse (voir tableau ci-contre).
En 2024, on recense 1.032 accidents, contre 1.116 un an plus tard. Une augmentation significative de 8 % qui a aussi un coût financier conséquent. Sur l’enveloppe globale des 4,7 millions d’euros dédiés aux sinistres, la part consacrée aux accidents de la route reste minime, leur dédommagement n’excédant pas les 363.000 €. Preuve que la majorité des drames se portent bien sur les accidents de travail (3.147.000 €).
Sans surprise, avec l’usure du corps et la fatigue, la tranche d’âge des 50-59 ans est la plus onéreuse, comptabilisant à elle seule 1,83 million d’€, soit presque le double des 40-49 ans (1.069.000€). Un constat qui alarme la représentante de la CGT : « L’organisation du travail n’a pas été pensée pour que les salariés s’épuisent moins. Il va y avoir un problème, plein de salariés n’atteignent pas l’âge de départ en retraite pour cause d’inaptitudes. Notre position, c’est le droit de s’arrêter à 60 ans et 55 ans pour les métiers pénibles. »
accidentdutravail-idf.net vous a préparé ce post qui informe du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». La chronique se veut générée du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées indiquées sur le site dans le but d’apporter des explications sur ce post qui parle du thème « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». Le site accidentdutravail-idf.net a pour but de fournir diverses publications sur la thématique Association Sportive Huisson-Longueville Essonne diffusées sur le net. Il y aura plusieurs articles autour du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne » dans quelques jours, nous vous invitons à naviguer sur notre site web à plusieurs reprises.
