
Un décret publié au Journal officiel début octobre modifie en profondeur le calcul des indemnités versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle. Selon JeChange, le plafond de salaire pris en compte par la Sécurité sociale va être divisé par près de quatre à partir du 1er novembre 2026, ce qui réduira le montant touché par de nombreux actifs, y compris des jeunes cadres en début de carrière.
Le mot-clé à retenir : indemnités journalières. Concrètement, en cas d’accident du travail, l’Assurance maladie verse 60 % du salaire journalier brut jusqu’au 28e jour d’arrêt, puis 80 % à partir du 29e. Mais ce salaire journalier n’est retenu que dans la limite d’un plafond, et c’est précisément ce plafond que le gouvernement vient de resserrer.
Un plafond divisé par 3,7
Le texte, un décret daté du 30 septembre 2026, abaisse le pourcentage utilisé pour calculer ce plafond : il passe de 0,834 % à 0,226 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 € en 2026. En clair, le salaire journalier maximal pris en compte chute de 400,82 € à 108,62 €.
Ramené à un salaire mensuel, ce nouveau seuil correspond à environ 3 304 € brut par mois, soit à peu près 1,8 Smic. En dessous de ce montant, rien ne change : vous continuez de toucher 60 % puis 80 % de votre salaire réel. Au-dessus, l’indemnité est désormais figée à 65,17 € par jour pendant les quatre premières semaines, puis à 86,89 € à partir du 29e jour, quel que soit votre salaire réel.
Qui perd le plus avec cette réforme
Plus votre rémunération est élevée, plus l’écart se creuse. Pour un salarié payé 4 000 € brut par mois, la perte atteint environ 13,73 € par jour, soit près de 384 € sur les quatre premières semaines d’arrêt. Cette mesure ne vise donc plus seulement les très hauts revenus : elle touche désormais une large partie des cadres et des profils qualifiés, notamment chez les jeunes actifs en début de carrière dans la tech, la finance ou le commerce.
Important à savoir : la date qui compte est celle de l’accident, pas celle du versement des indemnités. Un arrêt déclenché par un accident survenu avant le 1er novembre reste calculé selon l’ancien plafond, même s’il se poursuit après cette date.
L’employeur peut combler une partie de la différence
Le gouvernement assume vouloir transférer une partie du coût vers les entreprises. Le Code du travail prévoit en effet un maintien de salaire : sous conditions d’ancienneté, l’employeur complète les indemnités de la Sécurité sociale jusqu’à 90 % du salaire brut, puis jusqu’aux deux tiers, sur une durée variable. Pour un accident du travail, ce complément démarre dès le premier jour d’arrêt, sans le délai de carence de sept jours appliqué en cas de maladie ordinaire.
Tous les salariés ne bénéficient toutefois pas de ce filet, notamment selon leur convention collective ou leur ancienneté. Autre point à garder en tête pour votre budget : ces indemnités restent soumises à la CSG et à la CRDS, des prélèvements que le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 pourrait encore alourdir. De quoi surveiller de près sa fiche de paie en cas d’arrêt prolongé.
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