Installé en Riscle dans le département du Gers depuis 1997, Pierre est devenu au fil des années l’un des artisans les plus réputés de la région. Polyvalent, il œuvrait sur les chantiers, dans la pose de menuiseries, le placoplatre, l’isolation, le carrelage, la démolition, la pose de cuisine et de salles de bains et les travaux d’aménagement extérieur. Un homme passionné par son métier qui n’a jamais compté ses heures. Jusqu’au jour où un accident du travail a tout changé…
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Le jour où tout a basculé
Pierre raconte comment ce qu’il qualifie aujourd’hui de « calvaire » a commencé : « C’était en mai 2022. J’étais sur un chantier, comme d’habitude. Une journée comme une autre. Je me souviens m’être accroupi avant de me relever. Mon genou est alors resté bloqué. Un électricien, qui était présent, m’a alors ramené chez moi et rapidement, je me suis rendu à la clinique la plus proche, à savoir la Polyclinique de l’Adour, à Aire-sur-l’Adour dans les Landes. Je suis arrivé vers 12h30 mais on ne m’a pris en charge qu’à 16h pour me faire passer une radio et à nouveau me faire attendre. J’avais de plus en plus mal au genou. Finalement, on m’a examiné avant de m’annoncer que j’avais une entorse grave et qu’il me fallait voir l’orthopédiste. »
L’orthopédiste en question prend en charge Pierre en début de soirée, un peu avant 21h. Épuisé, l’artisan apprend qu’il souffre d’une lésion du ménisque en anse de seau. Blessure très particulière, cette déchirure brutale du ménisque est à l’origine de la douleur intense que ressent Pierre mais aussi du blocage de son genou qui, le soir même de l’accident, est très gonflé.
La première intervention
Pierre poursuit son récit : « L’anesthésiste est arrivé, il m’a piqué une première fois, sans succès, a recommencé, et le docteur Boulahia m’a redressé la jambe qui alors, était quasiment à l’équerre. Il m’a ensuite renvoyé chez moi en me disant de passer un IRM plus tard. Il a signé son ordonnance pour un traitement médical et je suis reparti. »

Le soir même, Pierre n’arrive pas à trouver le sommeil. La douleur est insupportable. Pire qu’avant. Le surlendemain, son genou a doublé de volume. Le jour suivant, la situation empire. Pierre décide alors de revenir à la polyclinique : « le docteur Boulahia était absent mais celui que j’ai pu voir m’a dit que c’était la suite logique, en précisant ‘j’ai vu des jambes plus noires que ça. Tout ce qui est dans le genou va ressortir par les doigts de pied’». Excédé, à bout de fatigue, Pierre regagne son domicile. Le lundi, il appelle son médecin généraliste, qui suspecte une phlébite. Elle place Pierre sous anticoagulant avec des piqûres quotidiennes.
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L’IRM
« Je me suis alors mis en quête d’un rendez-vous pour passer mon IRM, se souvient Pierre. Il y avait deux mois d’attente. Mon docteur a réussi à m’avoir un rendez-vous à Saint-Pierre-du-Mont dans les Landes, pour le 16 juin, soit un mois après mon accident. Le jour du rendez-vous, la personne qui m’a reçu est tombée des nues en voyant ma jambe et en apprenant ce que j’avais subi. Elle m’a alors dit qu’il me fallait une opération. »
Le cauchemar continue
Le docteur que Pierre parvient à voir plus tard pour planifier cette opération lui annonce le praticien incriminé n’aurait jamais dû procéder sans avoir fait d’IRM. Le tout avant de programmer l’opération en précisant que s’il n’arrive pas à remettre le ménisque en place, il y a aura des dégâts collatéraux : « Un ménisque en anse de seau exige une opération rapide, sinon les conséquences peuvent être graves. »
Début des procédures
Malheureusement pour Pierre, les choses vont de mal en pis. Voyant que son genou est resté gonflé, il se rend à Mont-de-Marsan, chez un angiologue, et apprend qu’il souffre en effet d’une phlébite : « le docteur que j’ai vu m’a dit que ce n’était pas normal et que je devrais porter plainte contre le docteur Boulahia car tout ce qui m’est arrivé depuis est relié à sa manipulation le soir même de mon accident. »
Et pendant ce temps, le ménisque de Pierre était toujours bloqué.
« J’ai passé 18 mois la jambe levée, sur mon canapé, avec de la glace et des anticoagulants », ajoute le quinquagénaire, qui a aussi souffert d’une importante algodystrophie.
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Devant la CCI
La Commission de conciliation et d’indemnisation parvient entre-temps à prouver que tous les dommages subis par Pierre sont directement reliés à la manipulation initiale du docteur Boulahia. L’artisan décide alors de porter plainte contre ce dernier pour réclamer des indemnités. Dans l’incapacité totale de travailler, il vit dans une telle détresse physique et mentale qu’un suivi psychologique est mis en place.
« J’ai fourni tous les documents nécessaires, comme mon dossier médical complet, et j’ai passé une première expertise à Toulouse. Le docteur était présent. Tout le monde se connaissait et moi j’étais au milieu, essayant de contenir ma colère. L’expert en a finalement conclu que le docteur Boulahia n’était pas responsable. »
Sur les conseils du docteur qui l’a opéré, Pierre demande alors une contre-expertise. Des expertises, Pierre en a d’ailleurs passé beaucoup. Il a fait appel à une avocate de Paris.
Au bout du compte, après moult péripéties, la magistrate de la CCI de Bordeaux disculpe les experts pour désigner le docteur Boulahia comme le seul responsable.
Au terme d’une troisième expertise, à Albi cette fois-ci, Pierre apprend par son avocate que son dossier est bien trop compliqué et que l’assurance du docteur incriminé n’acceptera pas de l’indemniser.
« Je vis avec 100 balles »
« J’ai tout perdu, explique Pierre. Je suis invalide à 100 %. Je n’ai pas pu garder mon entreprise. C’est extrêmement difficile. La CPAM me verse une indemnisation mais aujourd’hui, une fois que j’ai tout payé, je vis avec 100 balles. » Une situation financière que l’homme doit conjuguer avec des difficultés évidentes à se déplacer et le fait de savoir que désormais, rien ne pourra lui permettre de retrouver sa mobilité d’antan.
« Ce que je veux, c’est que le docteur Boulahia m’indemnise à hauteur du préjudice physique et psychologique. Le 19 mars 2026, j’ai été convoqué à Bordeaux. L’avocate du docteur était présente, mais pas lui. J’attends le résultat de cette commission mais si je suis persuadé que le docteur va être condamné, je sais aussi que son assurance ne voudra pas payer. Et si je vais au tribunal, ce que je suis décidé à faire, cela va occasionner de nouveaux frais, sans assurance qu’on me donne raison. »
Comme il l’a confié à Actu Occitanie, Pierre vit aujourd’hui sur ses réserves : « J’ai la chance d’avoir une seconde maison que je loue, mais je vais peut-être devoir la vendre. Les perspectives ne sont pas réjouissantes. Je sais aujourd’hui que je ne pourrai plus jamais exercer mon métier. J’ai toujours été très actif. Une vraie pile électrique. C’est très dur. »
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