« Je ne peux plus exercer la profession que je voulais » : le calvaire d’une apprentie viticultrice brûlée au troisième degré dans une cuve à vin

l’essentiel Un accident du travail dans un chai du Gers a bouleversé la vie d’une apprentie viticultrice. Brûlée au troisième degré, elle a obtenu, ce jeudi 19 mars, la condamnation de son employeur, reconnu coupable de graves manquements à la sécurité.

Des brûlures au troisième degré, des greffes de peau, des semaines d’hôpital et une vie bouleversée. Marine* avait une vingtaine d’années et un rêve simple : apprendre le métier de viticultrice. En octobre 2021, ce rêve a tourné au cauchemar dans un chai du Gers.

Deux mois : c’est le temps qu’il a fallu pour que l’alternance de Marine vire au drame. Recrutée à l’automne 2021 par un domaine viticole de Gondrin, dans l’Est gersois, elle s’initie au métier, encadrée par un employé chargé de la former.

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Le 4 octobre, en milieu de journée, elle s’attelle au nettoyage des cuves, une tâche qu’elle a déjà accomplie plusieurs fois. Rien d’inhabituel, en apparence. Armée d’un pulvérisateur, elle pénètre dans la cuve et projette sur les parois un puissant détergent corrosif à base de soude. Le liquide ruisselle. Sans qu’elle ne s’en rende compte, son jean s’imbibe du produit.

Les picotements arrivent. Elle les signale à son coéquipier. Il lui dit de continuer.

Elle continue. Jusqu’à ce que la douleur devienne insoutenable. Il est déjà trop tard. Marine ressort de la cuve en larmes, les jambes brûlées au troisième degré sur 6 % du corps. L’employé, désemparé, lui suggère alors de verser du vin sur les plaies. Une solution peu recommandable, aussi inutile que dérisoire face aux blessures.

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La gérante arrive dans le chai et découvre la scène, prodigue les premiers soins. Marine est finalement évacuée en urgence vers le service des grands brûlés du CHU de Bordeaux. Elle n’en sortira qu’après plusieurs jours d’hospitalisation, des greffes de peau, et un profond traumatisme.

Une enquête qui pointe des manquements graves

À sa sortie d’hôpital, Marine dépose plainte. Le parquet d’Auch est saisi, l’inspection du travail diligentée.

Le constat est accablant : absence du document unique d’évaluation des risques professionnels, fiches de sécurité inaccessibles, salariés non formés aux risques chimiques, et surtout… aucun équipement de protection individuelle fourni.

L’entreprise est poursuivie pour blessures involontaires, emploi d’une travailleuse sans formation ni évaluation aux risques chimiques et absence de mesures de prévention.

Le procès : la patronne nie, la victime témoigne

Jeudi 19 mars, les deux gérants du domaine comparaissent devant le tribunal correctionnel d’Auch. À la barre, la cheffe d’entreprise balaie toute responsabilité : « Tout a été mis en œuvre pour protéger les salariés. » Elle affirme avoir sensibilisé Marine aux dangers des produits chimiques, lui avoir proposé des équipements de protection, l’avoir formée. Elle ne comprend pas les accusations qui l’accablent.

Marine, elle, dit le contraire : « Je n’ai jamais eu de tenue. On ne m’a jamais dit : ‘Attention, les produits sont dangereux ou corrosifs.' »

Deux récits qui se contredisent. La défense, elle, s’appuie sur un argument : la jeune femme aurait utilisé ce même produit une dizaine de fois sans incident. « Je ne dis pas qu’elle ment, mais il y a une incohérence factuelle », plaide l’avocat bordelais, Me Sylvain Galinat, qui demande la relaxe.

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« Il faut reconnaître la responsabilité de la société. Il y a eu une infraction pénale dans ce dossier », a soutenu de son côté de la partie civile, Me François Roujou de Boubée.

Finalement, le tribunal relaxe le domaine pour le chef d’irrespect des règles de prévention. Sur le reste, il le déclare coupable et le condamne à 30 000 € d’amende, dont 15 000 € avec sursis.

Pour Marine, c’est une victoire judiciaire. Insuffisante, peut-être, au regard de ce qu’elle a perdu. Avec une émotion à peine contenue durant le procès, elle résume : « Je ne peux plus exercer la profession que je voulais. »

*Le prénom a été modifié.

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