« On ne peut pas accepter ces mauvais résultats »: hausse des accidents du travail graves en Charente-Maritime et Charente

Si le nombre d’accidents du travail est globalement en baisse en Charente-Maritime et en Charente, cela cache une hausse préoccupante des accidents graves et mortels, une hausse des accidents des femmes, et 20 % de décès chez des salariés débutants. La Direction du travail insiste sur la prévention.

Hausses des accidents graves et mortels, hausse des accidents du travail des femmes, accidents mortels plus fréquents chez les jeunes embauchés. Et des entreprises insuffisamment mobilisées. « On ne peut pas accepter ces mauvais résultats », lance Laurence Théry. La cheffe du pôle travail de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) en Nouvelle-Aquitaine, invitée de votre radio locale ICI La Rochelle ce jeudi, met en garde : si le nombre d’accidents du travail est globalement en baisse, en Charente-Maritime et en Charente, ces statistiques « cachent des réalités assez préoccupantes ». Et c’est pour cette raison qu’est organisée ce jeudi, à Limoges, une grande journée régionale de prévention.Selon les chiffres de 2023, les plus récents, en Charente-Maritime, 5 738 salariés ont été blessés, dont 287 accidents graves ; en Charente, 2 798 salariés ont été blessés, dont 170 accidents graves. « Mais au-delà des chiffres, insiste Laurence Théry, la tendance à la baisse du nombre d’accidents du travail cache des réalités assez préoccupantes« .La première, c’est « la remontée en flèche des accidents du travail mortels et graves », ceux qui, s’ils n’entraînent pas le décès, entraînent une incapacité permanente, « une perte ou une limitation de sa capacité à travailler, de façon définitive ». Les accidents du travail graves et mortels atteignent même un niveau record en Charente-Maritime – c’est un peu moins le cas en Charente, en raison de structures socio-économiques différentes des entreprises.

Deuxième facteur de préoccupation, cette tendance à la baisse du nombre d’accidents du travail cache aussi une différence entre les hommes et les femmes. Pour les hommes, la baisse, depuis 2001, est de 40 %. En revanche, pour les femmes, c’est une hausse de 26 %. « C’est donc vraiment une tendance lourde », déplore la cheffe du pôle travail de la DREETS. Cela montre que les accidents du travail, contrairement à ce qu’on peut croire, ne touchent pas seulement des métiers réputés dangereux, comme la conduite de machines, les métiers du bâtiment, les métiers du transport, etc. « Les taux d’accident du travail, par exemple, du secteur sanitaire et social, sont aussi très importants ».Un troisième chiffre est préoccupant, cette fois pour les jeunes embauchés et les intérimaires : 20 % des décès sont survenus dans l’année qui suit la prise de poste, donc pour des salariés qui débutent. Laurence Théry émet des hypothèses pour expliquer cela : « peut-être une formation insuffisante à la prise de poste, mais aussi un déficit d’encadrement et d’intégration de ces nouveaux salariés ». D’autre part, estime-t-elle, les entreprises ne gèrent pas forcément correctement la gestion de l’urgence, le manque de marges de manœuvre pour absorber les imprévus, les absences…

Dans ces conditions, la sensibilisation des entreprises, et des salariés, est vitale. C’est l’enjeu de la journée régionale de prévention de ce jeudi à Limoges. Il existe des outils, explique la cheffe du pôle travail de la DREETS. , en particulier, outil interactif numérique, simple et gratuit, permet aux entreprises d’identifier les risques, notamment aux petites entreprises « qui n’ont pas beaucoup de moyens pour accompagner la prévention », reconnaît-elle. Il se décline par secteur d’activité : boulangerie, menuiserie, etc.Mais cet outil doit aussi être conjugué à la participation des salariés et de leurs représentants, « une condition de la prévention », insiste Laurence Théry, qui déplore que les Comités sociaux et économiques (CSE), pourtant obligatoires, ne soient pas toujours mis en place. Tout comme près de la moitié des entreprises ne disposent pas du Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), pourtant lui aussi obligatoire. « Il y a vraiment un effort important à faire en prévention, conclut-elle, on ne peut pas accepter ces mauvais résultats ». Le DUERP est encore trop souvent considéré « comme un outil bureaucratique, formel ».Tout l’enjeu, dit-elle, c’est « d’en faire un outil de discussion. Parce qu’avoir un accident du travail dans une petite entreprise, c’est un traumatisme. Il faut changer de regard sur la prévention, ne pas être simplement dans une optique de coût : c’est un investissement, ça permet à l’entreprise de durer, de se pérenniser, c’est un investissement d’avenir. »

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