
Autrefois livreur puis peintre industriel, Laurent (*) est embauché par Kronospan fin 2021. L’entreprise fabrique des panneaux de bois, un domaine dont il ne sait rien. Dix mois plus tard, la main droite de Laurent est sectionnée net par une hélice lors de la maintenance d’une machine. Elle sera réimplantée, « mais aujourd’hui, je ne peux rien faire avec, je n’ai aucune sensation. » À la barre du tribunal, Laurent a ôté le gant qui camouflait ses lourdes séquelles.
Kronospan estime que son employé est seul responsable. Son ancien salarié pense l’inverse : « il ne fallait pas arrêter la production, il fallait que ça tourne continuellement ». Le tribunal correctionnel d’Auxerre rendra son délibéré le 17 avril.
« Un capitalisme maximaliste,
un humanisme minimaliste »
Chez Kronospan, « nous sommes dans une sorte de Beaubourg fumant jour et nuit connu de tous les Auxerrois. C’est, à l’époque, une tour de Babel, avec des salariés d’une dizaine de nationalités, principalement de l’Europe de l’est. Il y a aussi un contexte économique : un capitalisme maximaliste, un humanisme minimaliste. Il fallait rentabiliser », analyse le ministère public. Lorsque Laurent est victime de son accident, « les conditions de travail se sont dégradées, témoigne une inspectrice du travail. Les employés nous rapportaient qu’il fallait que ça tourne, il fallait que ça aille vite, peu importe comment c’était fait. »
Ce 19 juillet 2022, Laurent est appelé par son chef de poste. Un bourrage bloque l’écluse d’une machine. « Je n’avais jamais fait de débourrage. Jamais. Je n’étais même pas formé à ça. Mon chef me dit de passer par l’échelle. Je savais qu’il existait un portillon (qui arrête automatiquement la production lorsqu’il est franchi), mais il voulait que je passe ailleurs pour ne pas arrêter la production. » Le bourrage bloque la machine. L’ouvrier pense qu’elle est sécurisée et glisse sa main. L’hélice se débloque et la tranche. « Pourquoi, face à cette hélice, mettre la main dans une partie de la structure aussi dangereuse ?, s’interroge le parquet. Cela parait absurde. Mais s’il met la main, c’est qu’il ne connait pas les risques auxquels il s’expose. »
Une formation dispensée ou non
Si Kronospan assure que son employé était formé et qu’il a commis « une négligence », le salarié se défend d’avoir reçu une formation, comme l’assure l’entreprise. D’après le ministère public, la formation se cantonnerait à un livret pédagogique fourni à chacun des employés qui serait plutôt « un livre d’insécurité ». Les avocats de la défense, plaidant la relaxe, demandent au parquet « d’apporter la preuve que cette formation n’a pas été dispensée. […] Tous ses collègues se demandent pourquoi il a mis la main et pourquoi il n’a pas coupé le moteur. »
Depuis l’accident de Laurent, Kronospan a pris des « mesures réparatrices » afin de sécuriser l’accès aux installations. Des améliorations qui démontreraient, selon le magistrat du parquet, « des manquements antérieurs ». Le ministère public a requis une amende de 50.000 euros.
(*) Le prénom a été changé
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