Suicide consécutif à un licenciement : un risque psychosocial qui peut caractériser la faute inexcusable de l’employeur

En vertu de l’obligation de sécurité qui pèse sur lui, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

La tentative de suicide ou le suicide, manifeste une souffrance psychique extrême qui  met en évidence la nécessaire prévention des risques psychosociaux (RPS) susceptibles d’affecter la santé mentale des travailleurs. 

La prévention du suicide au travail doit être intégrée à la politique globale de l’entreprise en matière de prévention des risques psychosociaux. Il appartient dès lors à l’employeur :

  • d’identifier et d’évaluer les facteurs de RPS pouvant conduire au suicide d’un salarié ;

  • de transcrire les résultats de son évaluation dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;

  • d’élaborer un plan d’actions dédié qui, régulièrement, devra être réévalué et réajusté.

Les suicides survenant pendant le temps de travail, sur le lieu de travail ou en rapport direct avec une souffrance liée au travail sont considérés comme des accidents de travail.

Un accident qui se produit à un moment où le salarié ne se trouve plus sous la subordination de l’employeur peut également constituer un accident de travail dès lors qu’il est établi qu’il est survenu par le fait du travail.

Le manquement de l’employeur à son  obligation de sécurité peut conduire à caractériser une faute inexcusable.

La faute inexcusable de l’employeur peut être reconnue si les ayants droits de la victime, ou la victime elle-même, démontrent que ce dernier avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.

Deux logiques sont mises en tension lorsque l’on doit apprécier la faute inexusable de l’employeur dans un contexte de suicide d’un salarié   :

  • d’un côté, l’exigence juridique d’une conscience du danger, fondée sur des éléments objectifs ;

  • de l’autre, la réalité du risque psychosocial, éminemment subjectif et dépendant de la personnalité, de l’histoire et de la vulnérabilité de chacun.

Un même environnement professionnel peut être neutre pour certains, mais destructeur pour d’autres. Cette variabilité rend la faute inexcusable particulièrement difficile à apprécier.

Faut-il que l’employeur anticipe les réactions individuelles ? Doit-il détecter les fragilités psychologiques préexistantes, parfois invisibles ? La jurisprudence semble répondre : oui, dans une certaine mesure. L’employeur n’a pas à diagnostiquer, mais il doit agir dès que des signaux, même diffus, laissent entrevoir une souffrance au travail.

Une tendance jurisprudentielle émerge depuis plusieurs années : celle d’une appréciation contextualisée du risque psychosocial. L’alerte n’a plus besoin d’être nominative pour engager la responsabilité de l’entreprise. La vigilance doit être collective, les mesures de prévention documentées et le dialogue social constant.

Dans une affaire récemment soumise à la Cour de cassation, une salariée présente depuis 20 ans dans l’entreprise, alerte à plusieurs reprises sa direction sur un climat social dégradé, des tensions internes et une pression croissante. Dans un courrier, elle évoque un stress intense, un isolement imposé et demande un rendez-vous avec la médecine du travail.

Quelques mois plus tôt, le médecin du travail avait déjà attiré l’attention de l’entreprise sur « le mal-être de certains salariés » et une dégradation de la santé psychologique du personnel mais aucune mesure concrète n’est mise en œuvre. La salariée est finalement mise à pied puis licenciée pour faute grave pour avoir, entre autres, dénigré la société. Hospitalisée peu après, elle se donne la mort.

Le décès est reconnu comme accident du travail et ses ayants droit saisissent la juridiction sociale pour faire reconnaître la faute inexcusable de l’employeur.

La demande est rejetée en appel, les juges estimant que l’employeur ne pouvait avoir conscience d’un danger précis concernant cette salariée. Les alertes du médecin du travail étaient générales et les courriers de la salariée, bien que critiques, ne traduisaient pas une détresse psychologique manifeste.

Cette position illustre toute la complexité de la matière : comment reprocher à l’employeur de ne pas avoir perçu un danger qui, parfois, ne se manifeste pleinement qu’a posteriori ?

La Cour de cassation casse partiellement l’arrêt d’appel, reprochant aux juges du fond de ne pas avoir tiré toutes les conséquences de leurs propres constatations. En reconnaissant l’existence de signaux répétés : les courriers de la salariée et les alertes du médecin du travail, la cour d’appel admettait implicitement que l’employeur ne pouvait ignorer l’existence d’un danger.

Peu importe que le risque n’ait pas été clairement individualisé ou exprimé : dès lors qu’un malaise général ou des signes de souffrance apparaissent, l’employeur doit redoubler de vigilance et mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées.

Dès qu’un mal-être collectif ou individuel se manifeste, a fortiori par le biais du médecin du travail, la responsabilité de l’employeur peut être engagée en cas d’inaction.

Pour en savoir davantage sur le régime de la faute inexcusable, vous pouvez vous reporter à la documentation « Santé sécurité au travail ACTIV ».

Cour de cassation, 2e chambre, 25 septembre 2025, n° 23-14.460 (la faute inexcusable de l’employeur peut être caractérisée pour le suicide d’une ancienne salariée, dès lors que l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience des risques psycho-sociaux encourue par la salariée et n’a pas pris les mesures nécéssaires pour l’en préserver)

accidentdutravail-idf.net vous a préparé ce post qui informe du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». La chronique se veut générée du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonnées indiquées sur le site dans le but d’apporter des explications sur ce post qui parle du thème « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne ». Le site accidentdutravail-idf.net a pour but de fournir diverses publications sur la thématique Association Sportive Huisson-Longueville Essonne diffusées sur le net. Il y aura plusieurs articles autour du sujet « Association Sportive Huisson-Longueville Essonne » dans quelques jours, nous vous invitons à naviguer sur notre site web à plusieurs reprises.

We use cookies to personalise content and ads, to provide social media features and to analyse our traffic. We also share information about your use of our site with our social media, advertising and analytics partners. View more
Cookies settings
Accept
Privacy & Cookie policy
Privacy & Cookies policy
Cookie name Active

Who we are

Suggested text: Our website address is: https://www.accidentdutravail-idf.net/blog.

Comments

Suggested text: When visitors leave comments on the site we collect the data shown in the comments form, and also the visitor’s IP address and browser user agent string to help spam detection.

An anonymized string created from your email address (also called a hash) may be provided to the Gravatar service to see if you are using it. The Gravatar service privacy policy is available here: https://automattic.com/privacy/. After approval of your comment, your profile picture is visible to the public in the context of your comment.

Media

Suggested text: If you upload images to the website, you should avoid uploading images with embedded location data (EXIF GPS) included. Visitors to the website can download and extract any location data from images on the website.

Cookies

Suggested text: If you leave a comment on our site you may opt-in to saving your name, email address and website in cookies. These are for your convenience so that you do not have to fill in your details again when you leave another comment. These cookies will last for one year.

If you visit our login page, we will set a temporary cookie to determine if your browser accepts cookies. This cookie contains no personal data and is discarded when you close your browser.

When you log in, we will also set up several cookies to save your login information and your screen display choices. Login cookies last for two days, and screen options cookies last for a year. If you select "Remember Me", your login will persist for two weeks. If you log out of your account, the login cookies will be removed.

If you edit or publish an article, an additional cookie will be saved in your browser. This cookie includes no personal data and simply indicates the post ID of the article you just edited. It expires after 1 day.

Embedded content from other websites

Suggested text: Articles on this site may include embedded content (e.g. videos, images, articles, etc.). Embedded content from other websites behaves in the exact same way as if the visitor has visited the other website.

These websites may collect data about you, use cookies, embed additional third-party tracking, and monitor your interaction with that embedded content, including tracking your interaction with the embedded content if you have an account and are logged in to that website.

Who we share your data with

Suggested text: If you request a password reset, your IP address will be included in the reset email.

How long we retain your data

Suggested text: If you leave a comment, the comment and its metadata are retained indefinitely. This is so we can recognize and approve any follow-up comments automatically instead of holding them in a moderation queue.

For users that register on our website (if any), we also store the personal information they provide in their user profile. All users can see, edit, or delete their personal information at any time (except they cannot change their username). Website administrators can also see and edit that information.

What rights you have over your data

Suggested text: If you have an account on this site, or have left comments, you can request to receive an exported file of the personal data we hold about you, including any data you have provided to us. You can also request that we erase any personal data we hold about you. This does not include any data we are obliged to keep for administrative, legal, or security purposes.

Where your data is sent

Suggested text: Visitor comments may be checked through an automated spam detection service.

Save settings
Cookies settings