Neuf ans après la mort d’Anthony sur le chantier d’Amazon à Boves, deux sociétés et leurs responsables devant la justice

Neuf ans que la famille d’Anthony Deserra attend des réponses. Après l’accident de travail qui a coûté la vie à cet ouvrier sur le chantier d’Amazon à Boves (Somme) en 2017, quatre personnes comparaissent de mardi à jeudi devant le tribunal correctionnel d’Amiens pour homicide involontaire.

Nous sommes le 17 mars 2017, dans la dernière ligne droite du chantier du futur site d’Amazon à Boves (Somme), à l’époque le plus gros en France du géant américain, 107.000 m². Mais ce jour-là, un mur en béton de plusieurs tonnes, en cours de construction, , un ouvrier qui se trouvait sur une nacelle au moment de l’accident. Originaire des Ardennes, le jeune homme de 27 ans meurt « des suites d’un polytraumatisme sévère », selon le parquet d’Amiens qui, cinq jours après le drame,  pour « homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ». Des faits punis au maximum de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Et après des années d’instruction, deux sociétés du bâtiment et leurs responsables comparaissent libre ce mardi et jusqu’à jeudi devant le tribunal correctionnel d’Amiens pour « homicide involontaire dans le cadre du travail ». Un soulagement pour Me Émeric Lacourt, avocat du barreau des Ardennes, qui représente la famille d’Anthony Deserra soit 18 personnes sur le banc des parties civiles. « La famille est éplorée, insiste-t-il. On a un couple de parents qui a perdu son fils aîné, un jeune frère qui a perdu son grand frère, un certain nombre de tantes et oncles… C’est une famille très soudée, mais tout le monde a été profondément choqué et marqué par le décès de ce garçon, un jeune professionnel qui venait d’arriver dans son entreprise. »

Pour Me Lacourt, les trois expertises menées durant l’instruction indiquent que « la société Bemaco qui employait Monsieur Deserra est responsable de l’accident pour avoir posé cette fameuse plaque de béton de plusieurs tonnes avant que les plots censés servir de tuteurs, pour garantir la sécurité et la stabilité de la plaque en question, ne soient secs. C’est une bête question de temps de séchage qu’on n’a pas respecté, on a voulu aller trop vite. »Et l’avocat d’insister : « Dès les premiers jours suivant le décès de Monsieur Deserra, le juge d’instruction relevait que les intervenants sur le chantier se félicitaient, avant l’accident, des délais très rapides d’exécution des travaux. Et pour cause, puisque l’on n’a pas respecté les délais minimums de sécurité de ces fameux temps de séchage qui auraient permis d’éviter cet accident. »

L’avocat de la famille Deserra pointe un autre facteur aggravant selon lui : « On a demandé à ce jeune garçon de monter dans une nacelle alors que ce n’est absolument pas son travail. Il n’a pas les qualifications ni les habilitations pour le faire. Pourtant, au moment où l’accident se produit, il est dans une nacelle, piégé, il ne peut pas s’enfuir. Ça aussi, c’est à l’origine de l’accident, et c’est bien son employeur qui est à l’origine de cette instruction. »Une responsabilité pénale que rejette en tout point Me Thierry Pelletier, l’avocat du dirigeant de Bemaco et de son chef de chantier. Lui regrette notamment que l’entreprise de maîtrise d’œuvre ne soit pas jugée dans cette affaire. « C’est un énorme loupé du parquet, c’est incompréhensible, souffle le membre du barreau de Reims. Le principe de la maîtrise d’œuvre, c’est de coordonner le chantier et de concevoir. Pourtant, les expertises techniques disent que la maitrise d’œuvre a d’abord omis de prévoir la présence de plots de calage sur lequel reposaient les panneaux de béton. »

Une absence qui aurait conduit, explique l’avocat, à envisager de la part de la maîtrise d’œuvre, « une réparation de fortune, sans calculer les délais ni en informer Bemaco mais en plus, elle a demandé à Bemaco d’intervenir d’urgence dans la zone. Si un maître d’œuvre vous demande d’intervenir, c’est qu’a priori, la zone est sécurisée. Ce n’était pas le cas. L’accident est dû au fait que les panneaux de béton reposaient sur des plots de calage qui n’étaient pas secs alors qu’il faut laisser sécher un certain temps. De plus, ils étaient mal ferraillés si bien qu’avec la charge, les murs en béton se sont malheureusement effondrés sur Monsieur Deserra ».L’autre regret de Me Pelletier, c’est d’avoir dû attendre neuf ans avant que l’affaire soit jugée. « Ce n’est pas normal, souligne la robe noire. C’est quand même choquant, qu’il y ait une responsabilité pénale des prévenus ou non. La famille de la victime a le droit de savoir, dans un délai raisonnable. Qui est de l’ordre de un à trois ans, habituellement. » L’audience devant le tribunal correctionnel d’Amiens doit se terminer jeudi après-midi.

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