La Presse de la Manche vous raconte en 50 \u00e9pisodes<\/strong><\/a>.<\/p>\n\u201cIl faut sauver Norbert\u201d<\/h2>\n Un soir de la fin ao\u00fbt 2000, un coup de feu<\/strong> claque dans la maison. Marie-Claude est retrouv\u00e9e par terre<\/strong>, impr\u00e9gn\u00e9e d\u2019alcool, devant la porte d\u2019entr\u00e9e d\u2019un voisin<\/strong>.<\/p>\nElle n\u2019a qu\u2019une phrase \u00e0 la bouche\u2009: \u201cIl faut sauver Norbert<\/strong>\u201d. Les pompiers arrivent, elle s\u2019ent\u00eate\u2009: \u201cNorbert est mort<\/strong>\u201d.<\/p>\nC\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que le voisin<\/strong> aper\u00e7oit sur la chaussure de Marie-Claude, une tache de sang<\/strong>. Il comprend aussit\u00f4t.<\/p>\nDans la cuisine de sa maison, Norbert est retrouv\u00e9 allong\u00e9 par terre, mort<\/strong>, la poitrine d\u00e9fonc\u00e9e par une d\u00e9charge de fusil de chasse<\/strong>. Marie-Claude explique simplement qu\u2019elle ne pensait pas que le fusil \u00e9tait charg\u00e9<\/strong>. Le coup est parti tout seul.<\/p>\n\u201cSi tu continues, je vais te tuer\u2026\u201d<\/h2>\n Son proc\u00e8s s\u2019ouvre \u00e0 la session de juin 2002 des assises de la Manche<\/strong>. Et va mettre au grand jour le malheur<\/strong> de la vie quotidienne du couple.<\/p>\nTous les t\u00e9moignages se recoupent pour dire la mis\u00e8re<\/strong> dans laquelle vivent Norbert et Marie-Claude. Mais aussi la fiert\u00e9<\/strong> qui les emp\u00eache de s\u2019en remettre aux services sociaux.<\/p>\nTous les t\u00e9moignages soulignent leurs \u00e9tranges relations<\/strong>\u2009: Marie-Claude se laisse \u201cfacilement entra\u00eener, dominer. Elle recevait des coups<\/strong>, je le savais. Je lui disais de taper du poing sur la table. Mais elle trouvait toujours des excuses<\/strong> \u00e0 son mari. C\u2019est vrai qu\u2019\u00e0 jeun, Norbert \u00e9tait un homme tr\u00e8s bon, rendant service. Et dessaoul\u00e9<\/strong>, il ne pouvait pas croire qu\u2019il tapait sur sa femme\u201d, raconte la m\u00e8re<\/strong> de Marie-Claude \u00e0 la barre, avant d\u2019ajouter que \u201cquand ils se s\u00e9paraient, \u00e7a ne durait pas. Ils ne pouvaient pas se passer l\u2019un de l\u2019autre<\/strong>\u201d.<\/p>\nL\u2019alcool et la violence<\/strong> s\u2019installent, quotidiennement. Leur fille se souvient de son p\u00e8re pla\u00e7ant un couteau de cuisine<\/strong> sur la gorge de sa m\u00e8re, ou la mena\u00e7ant d\u2019une ba\u00efonnette.<\/p>\nEn 1997, le ton monte comme jamais encore, et Marie-Claude ram\u00e8ne un fusil<\/strong> dans la chambre, le montre \u00e0 Norbert et lui dit\u2009:<\/p>\n\n\u201cSi tu continues, je vais te tuer !\u201d<\/p>\n<\/strong> <\/footer>\n<\/blockquote>\nDevant leur fille qui assiste \u00e0 la sc\u00e8ne, Norbert se saisit alors du fusil<\/strong> et pose l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du canon sur la tempe<\/strong> de Marie-Claude. Heureusement le petit copain de la fille a la pr\u00e9sence d\u2019esprit de prendre le fusil<\/strong> avant que la situation ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re davantage\u2009!<\/p>\nApr\u00e8s-midi canap\u00e9 \u00ab\u2009Les feux de l\u2019amour\u2009\u00bb<\/h2>\n On en arrive \u00e0 la journ\u00e9e du 23 ao\u00fbt 2000<\/strong>, marqu\u00e9e par un d\u00e9jeuner du midi entre amis, un apr\u00e8s-midi canap\u00e9\/Feux de l\u2019amour<\/strong> qui n\u2019en finit plus, \u00e0 tel point que Norbert d\u00e9cide de rentrer \u00e0 pied chez lui.<\/p>\nMarie-Claude, pendant ce temps-l\u00e0, tra\u00eene<\/strong>, d\u2019amis en voisins. D\u00e9nominateur commun de la journ\u00e9e, l\u2019alcool<\/strong>\u2009: du mousseux, qu\u2019on boit g\u00e9n\u00e9reusement d\u00e8s la fin de la matin\u00e9e.<\/p>\n\u00c0 22\u2009h\u200915, Marie-Claude<\/strong> rentre enfin chez elle. Elle y retrouve Norbert<\/strong>, attabl\u00e9 devant la t\u00e9l\u00e9. Elle se souvient\u2009:<\/p>\n\n\u201cJe me suis assise au bout de la table, j\u2019ai regard\u00e9 moi aussi. \u201cOn n\u2019a pas d\u00fb se dire grand\u2019 chose. Je lui ai demand\u00e9 comment il \u00e9tait rentr\u00e9. Il m\u2019a r\u00e9pondu qu\u2019il avait pris l\u2019ancienne ligne de chemin de fer Lessay-Coutances. Il s\u2019est lev\u00e9 pour rentrer les poules et ramasser les \u0153ufs. Quand il est revenu, il a rang\u00e9 les \u0153ufs, il s\u2019est assis. Puis il s\u2019est relev\u00e9 presqu\u2019aussit\u00f4t. Il est all\u00e9 chercher une bouteille de mousseux et deux verres. C\u2019est lui qui a servi. J\u2019ai d\u00fb lui dire quelque chose qui ne lui a pas plu. Je ne sais plus, j\u2019ai d\u00fb l\u2019envoyer balader\u201d.<\/p>\n<\/strong> <\/footer>\n<\/blockquote>\n\u201cArr\u00eate de faire l\u2019imb\u00e9cile\u201d<\/h2>\n Une gifle<\/strong> vient balayer les lunettes de Marie-Claude qui se brisent sur le carrelage.<\/p>\n\n\u201cL\u00e0, il a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019\u00e9nerver. Comme d\u2019habitude, il s\u2019en est pris \u00e0 mon p\u00e8re, aux militaires, \u201ctous des cons, tous des l\u00e2ches, qui ne savent rien foutre\u201d. Il savait que je n\u2019acceptais pas qu\u2019on insulte mon p\u00e8re. A chaque fois, il prenait plaisir \u00e0 insister. J\u2019ai r\u00e9pondu que le l\u00e2che, c\u2019\u00e9tait lui, qu\u2019il avait de la chance que mon p\u00e8re ne soit plus l\u00e0 pour lui mettre une bonne trempe\u201d.<\/p>\n<\/strong> <\/footer>\n<\/blockquote>\nNorbert sort de la pi\u00e8ce un instant, et revient avec le fusil<\/strong>\u2009:<\/p>\n\n\u201cIl l\u2019a pos\u00e9 sur la table, juste devant moi. Je n\u2019ai pas fait attention parce que ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois qu\u2019il me mettait une arme sous le nez. Pour moi, c\u2019\u00e9tait du cin\u00e9ma. Il pensait peut-\u00eatre me faire peur\u201d.<\/p>\n<\/strong> <\/footer>\n<\/blockquote>\nNorbert se rassoit. D\u2019un coup, Marie-Claude prend le fusil<\/strong>, pose le doigt sur la d\u00e9tente. Le canon est point\u00e9 sur la poitrine de Norbert<\/strong>. Il esquisse un mouvement\u2009: pour se lever, pour prendre l\u2019arme<\/strong>\u2009? Le coup part.<\/p>\n\n\u201cJe n\u2019ai pas eu conscience d\u2019appuyer. J\u2019ai compris que j\u2019avais appuy\u00e9 sur la d\u00e9tente quand j\u2019ai entendu le coup de feu ! Pour moi, le fusil n\u2019\u00e9tait pas charg\u00e9. Il n\u2019y avait plus ni cartouches, ni balles \u00e0 la maison. J\u2019ai pris le fusil, peut-\u00eatre pour lui montrer que je pouvais moi aussi lui faire peur et que j\u2019\u00e9tais capable de me rebiffer\u201d.<\/p>\n<\/strong> <\/footer>\n<\/blockquote>\nNorbert s\u2019\u00e9croule, Marie-Claude<\/strong> se pr\u00e9cipite\u2009:<\/p>\n\n\u201cJ\u2019ai balanc\u00e9 le fusil sur la table et j\u2019ai cri\u00e9 \u00e0 mon mari : \u201carr\u00eate de faire l\u2019imb\u00e9cile !\u201d J\u2019ai fait le tour de la table. J\u2019ai vu son sweat-shirt tout rouge. Alors, je me suis mis \u00e0 terre, j\u2019ai pris sa t\u00eate sur mes genoux : \u201cbouge, fais quelque chose !\u201d Mais il ne bougeait pas. Je suis sortie\u201d.<\/p>\n<\/strong> <\/footer>\n<\/blockquote>\nEn toute conscience\u2009?<\/h2>\n Un ami vient t\u00e9moigner \u00e0 la barre, parlant du mal de vivre<\/strong> de Norbert -plus de travail, le naufrage dans l\u2019alcool<\/strong>, l\u2019isolement -et de ses pulsions suicidaires<\/strong>\u2009: \u201cje l\u2019ai senti au bout du rouleau\u201d.<\/p>\nUn expert psychologue d\u00e9crit pr\u00e9cis\u00e9ment les relations<\/strong> entre le mari et la femme\u2009: \u201cun climat de violences conjugales<\/strong> sous-tendu par une volont\u00e9 de faire mal, avec une surench\u00e8re permanente. Un jeu de d\u00e9fi<\/strong>\u201d que Norbert fait monter d\u2019un cran \u00e0 chaque fois, en mena\u00e7ant<\/strong> Marie-Claude avec un couteau, une ba\u00efonnette, un fusil, et en s\u2019enfon\u00e7ant un peu plus dans l\u2019alcool<\/strong>.<\/p>\nJusqu\u2019au moment o\u00f9, encore lucide, il s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019il est fini<\/strong> et que c\u2019est finalement lui qui est en train de perdre le jeu du d\u00e9fi<\/strong>.<\/p>\nAlors -peut-\u00eatre- \u00e9labore-t-il son dernier acte en toute conscience<\/strong>\u2009?<\/p>\nLe 23 ao\u00fbt 2000, il rentre tout seul chez lui et pendant les trois heures<\/strong> pendant lesquelles il reste seul dans la maison, il a le temps d\u2019aller chercher le fusil<\/strong> qui est habituellement dans la chambre, d\u2019y mettre deux cartouches<\/strong>, d\u2019en tirer une pour v\u00e9rifier le bon fonctionnement de l\u2019arme<\/strong>, puis de ranger celle-ci dans une pi\u00e8ce du bas.<\/p>\nApr\u00e8s la dispute du soir, il va chercher le fusil<\/strong>, vient presque le mettre dans les mains de sa femme, comme pour un ultime d\u00e9fi<\/strong>\u2009: t\u2019en es pas capable\u2009!<\/p>\nElle, croit, effectivement que l\u2019arme<\/strong> n\u2019est pas charg\u00e9e\u2009: cela fait six mois qu\u2019il n\u2019y a plus de munitions \u00e0 la maison. Quand elle prend le fusil<\/strong>, le coup part presque aussit\u00f4t.<\/p>\nElle l\u2019a tu\u00e9<\/strong>. Et lui, a finalement remport\u00e9 la partie, puisque pour son crime<\/strong>, elle va aller en prison\u2026<\/p>\nUne th\u00e9orie que l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral ne \u201cgobe\u201d pas, attribuant un r\u00f4le de provocatrice<\/strong> \u00e0 Marie-Claude qui savait en outre qu\u2019en empoignant le fusil<\/strong>, un drame risquait d\u2019arriver.<\/p>\nL\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9clame entre 8 et 9 ans de prison<\/strong>\u2009: les jur\u00e9s en donneront finalement 6.<\/p>\nSuivez toute l\u2019actualit\u00e9 de vos villes et m\u00e9dias favoris en vous inscrivant \u00e0 Mon Actu<\/a>.<\/i><\/p>\n accidentdutravail-idf.net vous a pr\u00e9par\u00e9 ce post qui informe du sujet \u00ab\u00a0Association Sportive Huisson-Longueville Essonne\u00a0\u00bb. La chronique se veut g\u00e9n\u00e9r\u00e9e du mieux possible. Vous pouvez utiliser les coordonn\u00e9es indiqu\u00e9es sur le site dans le but d\u2019apporter des explications sur ce post qui parle du th\u00e8me \u00ab\u00a0Association Sportive Huisson-Longueville Essonne\u00a0\u00bb. Le site accidentdutravail-idf.net a pour but de fournir diverses publications sur la th\u00e9matique Association Sportive Huisson-Longueville Essonne diffus\u00e9es sur le net. Il y aura plusieurs articles autour du sujet \u00ab\u00a0Association Sportive Huisson-Longueville Essonne\u00a0\u00bb dans quelques jours, nous vous invitons \u00e0 naviguer sur notre site web \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"
Par Fr\u00e9d\u00e9ric Patard Publi\u00e9 le 16 ao\u00fbt 2024 \u00e0 15h30 Voir mon actu Suivre La Presse de la Manche Une maison isol\u00e9e, rue du Bocage \u00e0 Lessay. C\u2019est l\u00e0 que depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, vivent Marie-Claude et Norbert, 45 ans. Norbert s\u2019occupe avec des petits boulots apr\u00e8s un accident du travail qui a bris\u00e9 sa vie … <\/p>\n
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