{"id":652,"date":"2024-08-12T08:55:00","date_gmt":"2024-08-12T06:55:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.accidentdutravail-idf.net\/blog\/lhumidite-facteur-aggravant-du-rechauffement-climatique\/"},"modified":"2024-08-12T08:55:00","modified_gmt":"2024-08-12T06:55:00","slug":"lhumidite-facteur-aggravant-du-rechauffement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.accidentdutravail-idf.net\/blog\/lhumidite-facteur-aggravant-du-rechauffement-climatique\/","title":{"rendered":"L’humidit\u00e9, facteur aggravant du r\u00e9chauffement climatique"},"content":{"rendered":"

[Article initialement publi\u00e9 le mercredi 31 juillet 2024 \u00e0 17h00 et mis \u00e0 jour le lundi 12 ao\u00fbt 2024 \u00e0 15h55]<\/strong> Les temp\u00e9ratures caniculaires, comme celles enregistr\u00e9es lundi en France – 42 d\u00e9partements en vigilance orange ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s en vigilance orange par M\u00e9t\u00e9o-France –<\/span>, illustrent la multiplication des vagues de chaleur en Europe, cons\u00e9quence directe du r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n

Dans un rapport publi\u00e9 fin juillet, l’Organisation internationale du travail (OIT) a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que plus de 70% des travailleurs \u00e9taient expos\u00e9s \u00e0 un stress hydrique en 2020. Si l’Afrique, les Etats arabes et l’Asie-Pacifique sont les plus concern\u00e9s, c’est en Europe de l’Ouest et en Asie centrale que les conditions de travail \u00e9voluent le plus rapidement. C’est d’ailleurs dans ces r\u00e9gions, comme en Am\u00e9rique du Nord et du Sud, que les accidents du travail dus \u00e0 la chaleur progressent le plus.<\/p>\n

Lire aussi<\/span>Logement : les probl\u00e9matiques li\u00e9e \u00e0 la canicule bient\u00f4t int\u00e9gr\u00e9es dans les r\u00e9novations<\/a><\/span><\/p>\n

Ces derni\u00e8res semaines, les records de temp\u00e9ratures ont fait l’objet de toutes les attentions, comme l’illustre la r\u00e9union organis\u00e9e le 30 juillet par le Premier ministre<\/a>. En revanche, il n’en va pas de m\u00eame de l’humidit\u00e9 de l’air. Et pourtant, celle-ci rend la chaleur plus ou moins supportable, parfois mortelle. En effet, l’organisme humain dispose de deux moyens essentiels de se refroidir : par contact avec un air ext\u00e9rieur moins chaud que la temp\u00e9rature du corps (conduction), ou par \u00e9vaporation de la transpiration.<\/p>\n

Si la temp\u00e9rature approche ou d\u00e9passe celle du corps et si l’air est satur\u00e9 d’humidit\u00e9, ces deux moyens deviennent toutefois inop\u00e9rants. D\u00e8s lors, le corps peut se r\u00e9chauffer de +1\u00b0C toutes les 45 minutes et atteindre en quatre heures la temp\u00e9rature mortelle de 42\u00b0C.<\/p>\n

Temp\u00e9rature, humidit\u00e9 et vitesse de l’air<\/strong><\/h2>\n

Une temp\u00e9rature humide de 35\u00b0C n’existe encore que dans certaines r\u00e9gions (Asie du Sud, sud-ouest de l’Am\u00e9rique du Nord, c\u00f4tes moyen-orientales) et pour de courtes dur\u00e9es. Les mod\u00e8les climatiques anticipent une multiplication de ces situations, en priorit\u00e9 dans ces m\u00eames zones, mais aussi plus largement en raison d’une \u00e9vaporation accrue des oc\u00e9ans et de la capacit\u00e9 d’un air plus chaud \u00e0 contenir plus d’eau.<\/p>\n

C’est la raison pour laquelle le sujet commence \u00e0 int\u00e9resser jusque dans nos r\u00e9gions r\u00e9put\u00e9es \u00ab temp\u00e9r\u00e9es \u00bb. Et l’on voit resurgir l’indice Humidex, cr\u00e9\u00e9 en 1965 par des m\u00e9t\u00e9orologues canadiens. Calcul\u00e9 \u00e0 partir de la chaleur de l’air ambiant et du pourcentage de vapeur d’eau pr\u00e9sente dans l’air par rapport \u00e0 la quantit\u00e9 maximale que l’air peut contenir \u00e0 cette temp\u00e9rature, il fournit une mesure pr\u00e9cise de la chaleur ressentie par les humains. Une temp\u00e9rature de 35\u00b0C et un taux d’humidit\u00e9 dans l’air de 46% correspondent \u00e0 un indice de 44. D\u00e8s 40, le niveau d’inconfort est important. \u00c0 partir <\/span>de 45, la situation devient dangereuse et au-del\u00e0 de 46, le risque de coup de chaleur devient r\u00e9el. En France, le 30 juillet, cet indice a atteint 43 \u00e0 Lyon, 44 \u00e0 Paris et 46 \u00e0 Tours. Ce lundi 12 ao\u00fbt, il atteint 43 \u00e0 Paris, au jardin du Luxembourg et de 42 \u00e0 Marseille, en milieu d’apr\u00e8s-midi.<\/p>\n

Autre outil qui synth\u00e9tise ces deux facteurs de confort, auxquels il ajoute la vitesse de l’air : le diagramme de Givoni. Con\u00e7u par ce sp\u00e9cialiste de l’architecture bioclimatique, il montre par exemple que la temp\u00e9rature de confort, qui se situe entre 20 et 27\u00b0C pour une humidit\u00e9 moyenne inf\u00e9rieure \u00e0 50%, tombe \u00e0 25\u00b0C si l’humidit\u00e9 atteint 80%, et qu’une l\u00e9g\u00e8re brise rend acceptable une temp\u00e9rature de 30\u00b0C sans humidit\u00e9, ou de 26\u00b0C avec 85% d’humidit\u00e9.<\/p>\n

Difficile d’agir sur l’humidit\u00e9 d’un b\u00e2timent<\/h2>\n

Puisque le confort d’\u00e9t\u00e9 ne d\u00e9pend pas seulement de la temp\u00e9rature, mais aussi du taux d’humidit\u00e9, pourquoi ne pas le prendre en compte dans la r\u00e9glementation ? C’est le cas de certains programmes immobiliers, qui utilisent des statistiques m\u00e9t\u00e9orologiques et des mod\u00e8les climatiques. \u00ab Cela permet de v\u00e9rifier chaque jour si le b\u00e2timent est dans les clous \u00bb,<\/em> souligne Guillaume Meunier, consultant \u00e0 l’IFPEB (Institut fran\u00e7ais pour la performance du b\u00e2timent), o\u00f9 il s’appr\u00eate \u00e0 lancer des groupes de travail appel\u00e9s \u00e0 plancher sur ce sujet.<\/p>\n

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Mais \u00ab cela reste tr\u00e8s compliqu\u00e9 d’agir sur le taux d’humidit\u00e9, sauf \u00e0 rendre le b\u00e2timent \u00e9tanche comme le sont les mus\u00e9es qui doivent respecter une certaine hygrom\u00e9trie<\/em> \u00bb, reconna\u00eet-il.<\/p>\n<\/blockquote>\n

En outre, \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e, le taux d’humidit\u00e9 d’un b\u00e2timent est peu perceptible par ses occupants, sauf en de\u00e7\u00e0 de 30% (un air tr\u00e8s sec favorisant la poussi\u00e8re et les maladies respiratoires) ou au-del\u00e0 de 70% (forte croissance microbienne et condensations sur les surfaces froides).<\/p>\n

Dans la RE2020, actuellement en vigueur pour les constructions neuves, la d\u00e9finition du confort d’\u00e9t\u00e9 <\/span>repose sur un nombre annuel d’heures maximum \u00e0 respecter pendant lesquelles la temp\u00e9rature de confort (de 26 \u00e0 28\u00b0C maximum) est d\u00e9pass\u00e9e. Baptis\u00e9 DH (pour degr\u00e9-heure d’inconfort), celui-ci ne doit pas exc\u00e9der 1250 heures. Le calcul se fait sans tenir compte d’une \u00e9ventuelle climatisation, afin d’inciter \u00e0 une construction plus performante.<\/p>\n

Lire aussi<\/span>La canicule devient un motif de ch\u00f4mage technique pour les ouvriers du b\u00e2timent<\/a><\/span><\/span><\/p>\n

Les r\u00e9seaux de froid, la solution pour les villes ?<\/h2>\n

Pour Guillaume Meunier, \u00ab l’humidit\u00e9 est un facteur aggravant du r\u00e9chauffement, mais aussi un sujet tr\u00e8s technique \u00bb. <\/em>C’est pourquoi il est plus simple de traiter le confort sous l’angle de la temp\u00e9rature en recourant \u00e0 des solutions telles que les logements traversants, favorables aux courants d’air entre la partie ensoleill\u00e9e et la partie ombrag\u00e9e, les protections solaires et les plafonniers brasseurs d’air. Sans oublier les pompes \u00e0 chaleur fonctionnant \u00e0 l’\u00e9lectricit\u00e9 d\u00e9carbon\u00e9e.<\/p>\n

Mais dans les villes, celles-ci n’\u00e9vitent pas le rejet d’air chaud dans l’atmosph\u00e8re, qui aggrave l’effet \u00eelot de chaleur urbain. Un recours accru aux r\u00e9seaux de froid urbains, tel que celui qui existe \u00e0 Paris, offrirait une alternative int\u00e9ressante. Ce syst\u00e8me consiste en un<\/span> <\/span>ensemble de canalisations souterraines qui permettent d’acheminer de <\/span>l’eau glac\u00e9e<\/span> <\/span>vers un groupe de b\u00e2timents.<\/span><\/p>\n

Lire aussi<\/span><\/span>R\u00e9seaux de chaleur urbains : Nantes m\u00e9tropole veut acc\u00e9l\u00e9rer<\/a><\/span><\/span><\/p>\n

En revanche, il serait possible de r\u00e9duire le plafond d’heures autoris\u00e9es en dehors de la temp\u00e9rature de confort et\/ou d’abaisser cette temp\u00e9rature maximale, afin de tenir compte de cette augmentation \u00e0 venir du taux d’humidit\u00e9, et, donc, d’une temp\u00e9rature ressentie comme confortable moins \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n

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\"Dominique<\/div>\n